Ca fait sacrément longtemps que je n’ai pas écrit, et ça m’a évidemment beaucoup manqué ! Je ne vais pas te promettre d’écrire plus régulièrement, ça se fera vraiment selon mes envies, mon temps et mon inspiration. Je n’ai plus du tout envie de me mettre de contrainte de ce côté là et de m’obliger à écrire aussi souvent que je le faisais à un moment.

 

Il y a quelques semaines, j’étais à l’aéroport, prête à m’envoler pour Prague. Vu que comme souvent, j’avais prévu bien large sur le temps, je me suis retrouvée à parcourir les magazines disponibles. C’est comme ça que je suis tombée sur un article de Society sur les Bullshit jobs.

Si tu n’en as jamais entendu parler, les Bullshit jobs, traduits en français par « Jobs à la con » sont des emplois souvent occupés par des salariés qualifiés, même cadres, qui semblent n’avoir aucun sens ni aucun but pour ces derniers (par exemple remplir des fichiers Excel toute la journée). D’ailleurs celleux qui les occupent disent typiquement que si jamais leur poste disparaissait du jour au lendemain, ça ne changerait strictement rien pour personne. Certains de ces emplois sont même totalement absurdes, voire ont plutôt tout d’une punition. L’autrice de l’article prenait notamment l’exemple d’un homme engagé pour assurer la sécurité d’une salle de musée qui était en fait totalement vide et où personne ne passait jamais. Non seulement il était condamné à rester là seul toute la journée, mais en plus il n’avait ni le droit à son téléphone, ni à un livre ou quoique ce soit pour s’occuper. Une forme particulièrement élaborée de torture si tu veux mon avis.

J’avais déjà entendu parler des bullshit jobs, mais l’article allait plus loin que ce que j’avais vu auparavant, notamment en fournissant de nombreux témoignages assez dingues de personnes occupant ce type de postes.

Il y avait un homme qui estimait son temps effectif de travail à deux heure par jour.
Un autre qui aurait pu faire en 45 minutes son travail, mais qui le laissait trainer des semaines pour justifier d’avoir à faire quelque chose. Il racontait que son supérieur gardait son poste pour justifier d’avoir une grosse équipe, pour avoir plus de sous et des projets plus intéressants.
Une femme qui se retrouvait à devoir faire la communication entre ses collègues, jusqu’à l’absurde: une personne dans une filiale à l’autre bout de la France l’appelait pour qu’elle passe un message à un collègue qui se situait en fait à quelques mètres de lui.

Toutes ces personnes se demandaient à quoi elles servaient dans leur entreprise. Et ce qui m’a le plus frappée, c’est la culpabilité qu’elles ressentaient, notamment vis à vis de leurs salaires. Parce qu’on parle de postes « à hautes responsabilités », et donc des salaires qui vont avec. La culpabilité par rapport à un professeur, payé si peu mais tellement indispensable à la société. La culpabilité par rapport à un ouvrier qui porte des charges lourdes huit heures par jour pour un SMIC. L’un d’entre eux, qui se formaient en parallèle pour ouvrir une ferme de permaculture, disait également que ce projet l’aidait beaucoup à se sentir moins coupable vis à vis du salaire qu’il gagnait « à ne rien faire ».

J’ai pu vraiment ressentir le malêtre de ces personnes, qui avaient clairement l’impression qu’on leur avait menti. Ils avaient tout fait dans les règles: les études, le CDI, le bon job avec un bon salaire, la reconnaissance sociale. Et pourtant, au lieu de l’accomplissement, ils se retrouvaient en retour avec l’impression d’une vie vide de sens, sans but, le sentiment d’être inutile.

C’est ce qu’on m’avait dit, à moi aussi. Je sais que mes parents auraient préféré à une certaine époque que je fasse une école de commerce, d’ingénieur, etc. Ca aurait clairement été plus rassurant pour eux, que je suive cette route. Et peut-être que ça aurait marché pour moi, heureusement tou·te·s les étudiant·e·s issu·e·s de ces écoles ne se retrouvent pas dans des bullshit jobs ! Pour certains, il s’agit d’une passion, d’une envie profonde, d’un vrai choix, fait consciemment. Mais pour trop encore, c’est un choix par défaut, parce qu’on nous a dit que « c’est comme ça qu’il faut faire ».

Quand je vois l’absurdité de ces postes, la manière dont tout cet argent est jeté par les fenêtres, et surtout la souffrance que ça apporte, je me dis qu’il y a un vrai problème dans notre société (en fait je me dis ça tous les jours xD). Heureusement c’est en train de changer ! De plus en plus de personnes finissent par tout plaquer, par changer de vie en suivant cette fois leurs vraies envies, et heureusement ! D’ailleurs on estime à 4 en moyenne le nombre d’orientations différentes qu’aura une personne de la génération des millennials dans sa vie (j’ai déjà explosé le compteur, oups xD). Il n’empêche que c’est beaucoup d’années de perdues (même si ok, il y a toujours à apprendre, mais bon…), de la souffrance, des doutes, parfois même des dépressions, burn out, ou plutôt bore out dans le cas des bullshit jobs.

Et il y a encore bien trop de personnes qui en souffrent, qui ne parviennent pas à tout lâcher, à quitter leur emploi. Parce qu’on va pas se mentir, c’est difficile, quand tout le monde te dit sans arrêt à quel point tu as de la chance d’avoir un CDI, que tu es privilégié·e, que tu as peut-être une famille qui compte sur toi.

C’est aussi très symptomatique de notre société: une société où on jette de l’argent par les fenêtre en embauchant des gen·te·s pour remplir des fonctions qui ne servent absolument à rien, quand d’autres, qui sont essentielles, n’offrent à celleux qui les occupent qu’un salaire misérable et aucune reconnaissance sociale, voire le mépris de la société. L’argent à tout prix.

Pourtant, j’ai peu à peu l’impression que tout ça est en train de bouger doucement: je vois de plus en plus de personnes se lancer soit dans des entreprises qui leur tiennent à coeur, ou dans des jobs pour lesquels elles trouvent un véritables sens. De plus en plus de personnes se remettent en question et surtout remettent en question le système dans lequel elles évoluent. Quand je vois tout·e·s ces entrepreneurs·ses qui se lancent pour faire de ce monde un endroit un peu meilleur, ça me fait chaud au coeur (et oui je sais bien que malheureusement ce n’est pas le cas de tou·te·s, mais je suis une optimiste, que veux-tu).

En tout cas j’aimerais beaucoup avoir ton opinion sur le sujet ! Qu’est-ce que ce sujet t’évoque ? Est-ce quelque chose que tu as connu ou que tu connais actuellement ? Si c’est le cas, comment le vis-tu ? N’hésite pas à me le dire en commentaires 😃

 

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