Ca y est, je l’ai fait !!! 31 dessins, en (presque) 31 jours ! Et vu que je suis partie en vacances une dizaine de jours en Octobre, on peut dire que c’était pas gagné. Sérieusement, on devrait nous remettre une médaille, parce que c’est un sacré sport mine de rien. Il faut se renseigner sur le thème quand on ne le connait pas (et vu que je travaillais sur les légendes écossaises, ça concernait à peut près tous les thèmes), réfléchir à une composition et se lancer pour la réalisation. C’est un sacré boulot qui prend du temps, de l’énergie et est assez contraignant.

C’est la deuxième année que je le fais et à chaque fois, je suis bluffée par l’effet que ça a sur ma créativité. Plus ça va, plus je me rends compte à quel point la contrainte peut la stimuler.

(Alors attention, c’est vraiment propre à moi, je connais beaucoup de personne chez qui au contraire la contrainte tue toute forme de créativité.)

Cette année, j’avais décidé d’un matériel relativement restreint: un crayon et une gomme pour créer les bases de mes compositions, une encre noire liquide, une plume et deux pinceaux. Et c’est tout.

Le fait d’avoir si peu de matériel, et surtout de ne travailler qu’avec une couleur m’a obligée à devoir réfléchir et être plus ingénieuse pour créer davantage de nuances. L’imprécision plume m’a contrainte à quitter le perfectionnisme et à me lancer en acceptant de ne pas pouvoir tout maitriser. Et j’ai même oublié ma plume lorsque je suis partie chez des amies pour Samhain, du coup j’ai dû encore me restreindre davantage.

(On en revient à un conseil que je donne souvent à celleux qui débutent en dessin: ne vous ruinez pas dans 1 millions de fournitures artistiques différentes ! Je sais à quel point c’est tentant de tout essayer, d’avoir le meilleur matériel possible, mais concentrez vous d’abord sur une liste restreinte, et expérimentez, explorez le plus possible, éclatez-vous !)

 

Bref, j’en viens à ce dont je voulais te parler, ce que j’ai vraiment compris lors de cet Inktober: c’est la force des complexes artistiques qu’on peut avoir et à quel point ça peut nous bloquer. Pour certains ça va être les proportions, ou la perspective, ou les couleurs qui ne sont jamais comme on le voudrait. Et évidemment ce n’est jamais aussi bien que chez d’autres.

Pour ma part, il s’agit de la netteté: je suis incapable, mais vraiment incapable de faire quelque chose de net et précis. C’est le cas avec n’importe quel matériel, sujet, support. Je ne sais pas si c’est parce que je vais trop vite, ou au contraire pas assez, que j’hésite trop ou que j’ai juste la main pas assez assurée. Je n’en ai aucune idée. Le fait est que la netteté c’est compliqué pour moi. Et ça ne date pas d’hier: à la maternelle déjà, j’étais absolument incapable de colorier sans dépasser les lignes. Et ça ne s’est pas arrangé en me comparant avec d’autres: j’ai toujours regardé avec envie les dessins d’autres personnes que je trouvais nets, harmonieux, finis, tandis que les miens me semblaient être de perpétuels brouillons.

Avec le recul, je me rends compte que ça avait participé à me bloquer. Parce que j’avais des complexes vis à vis de ce que je produisais, j’avais du mal à prendre le crayon. Du coup frustration, et blocages encore plus grands.

Je crois que l’Inktober 2018 a vraiment marqué un tournant. Parce que j’étais obligée de produire beaucoup à un rythme soutenu, je ne pouvais pas me permettre de perdre du temps à trop réfléchir ou trop hésiter et je devais lâcher prise sur le résultat. Forcément, des dessins me plaisaient énormément, d’autres beaucoup moins. J’ai dû exposer sur Instagram certaines oeuvres dont je n’étais pas particulièrement fière, ou sur lesquelles j’aurais aimé passer plus de temps.

Et parce que j’avais peu de temps, je devais aller vers ce qui était le plus confortable pour moi. Je n’avais pas le temps de complexer. Quitte à ne pas pouvoir prendre le temps de faire des trucs nets, j’ai laissé tomber l’idée. Et tu sais quoi ? J’ai fini par vraiment être fière de ce que je pouvais produire.

J’ai réalisé que mon manque de netteté et de précision, que je considérais comme des défauts à corriger, pouvaient être au contraire ce qui me distingue et fait partie de mon style. En fait, intellectuellement, je le savais, mais je ne l’avais pas encore expérimenté jusqu’ici. Je ne le ressentais pas vraiment.

C’est le message que je voudrais te faire passer: on a souvent tendance à voir ce qui nous pose de la difficulté comme des défauts qui font que notre travail ne nous semble pas valable, ou que nous ne nous semblons pas valables. Or ce qui peut sembler être un défaut à tes yeux, aux yeux de la société, est en fait ce qui te rend unique, que ce soit dans ton style, ta personnalité, ce que tu dégages ou ce que tu peux inspirer au monde. Ne cherche pas à l’ignorer, le fuir ou l’étouffer, mais au contraire reconnais sa présence, utilise-le et sois-en fier·e.

Si tu souhaites voir mes dessins, n’hésite pas à visiter mon Instagram @sorciererouge.

A très vite !

PS: Si tu souhaites une guidance des tarots personnalisée sur la question/le thème de ton choix, clique vite sur ce lien, les places sont ouvertes pour novembre: http://lasorciererouge.com/services/guidance-des-tarots