Ca y est. nous sommes au mois de mai ! Il refait beau, chaud, et on peut déjà sentir que l’été s’en vient. Et qui dit été dit plage, dit baignade, dit maillot de bain, dit bikini dit… Toutes les contraintes physiques qui vont avec.

Il suffit d’entrer dans un kiosque à journeaux pour voir les titres qui s’étalent sur les couvertures des magazines:
« Comment être prête pour la plage ? »
« Quel maillot choisir pour être la bombasse on the beach ? »
« A bas la cellulite ! »
« Perdre les derniers kilos avant l’été »
« Cachez-moi ces vergetures que je ne saurais voir sinon ohlala c’est trop la honte autant s’enterrer sous un tas de sable »

J’entends beaucoup, beaucoup trop de femmes dire qu’elles n’aiment pas se mettre en maillot. Et je vais être tout à fait honnête avec toi: oui j’aime mon corps, oui la plupart du temps je me sens bien dedans, mais chaque été j’ai toujours cette petite part de moi qui aurait bien envie de se pointer sur la plage en camisole et qui a une petite hésitation au moment où il faut quitter sa serviette et marcher au milieu de tout le monde pour rejoindre l’eau.

La plage est le lieu où les femmes sont cordialement invitées à oublier toute notion d’indulgence envers leur corps. Exit les titres « Ronde et belle ». Si le reste de l’année on nous pousse clairement à rentrer dans certains standards de beauté, c’est l’été que ces injonctions sont les plus fortes, au point qu’il est presque impossible d’y échapper.

En tête de liste, évidemment la minceur, mais c’est bien sûr loin d’être le seul critère.
Il faut être mince oui, mais ferme. Genre pas de cellulite. Et des formes bien dessinées et toutes aussi fermes, avec obviously la taille marquée.
Il faut aussi avoir la peau lisse, sans tâche, sans bouton, sans pli, sans cicatrice et bien sûr sans vergeture et sans poil. Encore moins des rides.
Il est de bon ton d’arriver sur la plage déjà bronzée. Les cachets d’aspirine c’est pas ultra séduisant. Mais les stéréotypes de la beauté recommandent tout de même d’être caucasienne. (La suite en commentaires!)

Liste non exhaustive.

Dit comme ça, ça parait ridicule et inatteignable. Pourtant, le génie du marketing est de nous faire croire justement que tout ça est possible. Qu’en utilisant telle crème, tel produit de maquillage, telle injection, telle procédure chirurgicale, on se rapprochera de cet idéal que la société a forgé pour nous.

Et si jamais on décidait de résister, tout est fait pour créer des angoisses qui nous pousseront à acheter. La saison des plages en est un exemple parfait: non seulement on va soudainement se découvrir avec les maillots de bains, mais les magazines, les médias nous font clairement comprendre que nous seront observées, jugées, exposées à tous les regards. Par les hommes, mais aussi par les autres femmes. Et là ce ne sont plus notre style vestimentaire, ou même ce qu’on peut apercevoir de notre morphologie sous nos vêtements qui sont jugés, mais bel et bien notre corps. Tel qu’il est, presque à nu.

Je me suis souvent sentie extrêmement vulnérable dans ces moments-là, comme si j’étais une cible ambulante et que je ne pouvais pas me cacher.

Bien sûr, en réalité la plupart des gens ont mieux à faire que scruter les autres vacanciers, mais en général ça n’empêche pas ces pensées-poisons de prendre le dessus sur notre mental.

J’ai vu des femmes de toutes, absolument TOUTES les morphologies, même celles semblant proches de cet idéal de beauté, angoisser et complexer à l’idée de se montrer en maillot. Parce qu’on nous fait croire que tout ce qui n’est pas lisse, jeune, mince, ferme chez une femme est laid. On nous fait croire que les rides entachent un visage, que les poils sont sales, les cicatrices sont laides, la cellulite est écoeurante, les formes sont disgracieuses sauf à certains endroits, etc… Du coup on est poussées à acheter, consommer, poussées par nos angoisses et nos complexes qui sont créés justement pour alimenter ce système.

En voulant nous pousser à désirer entrer dans ce moule jeune et lisse, on nous fait oublier ce que représentent ces aspects de nos corps qu’on nous dit si disgracieux: un passé, une morphologie bien à soi, des expériences de vie, des témoignages de ces années qu’on a vécues, de nos habitudes, et même des expressions de notre personnalité, de notre vitalité, ou des messages que notre corps nous envoie.
Mais surtout du fait qu’on est des êtres humaines totalement uniques.

Et pour moi c’est ça surtout la beauté.

N’hésite pas à me dire ce que tu en penses 🙂 Des bises !