Aujourd’hui, j’ai envie de te parler d’une pensée que j’ai eue hier.

Depuis quelques temps, j’ai envie d’apprendre à tatouer. Hier soir, j’ai même commencer à regarder des vidéos Youtube et à lire des articles sur comment apprendre, le matériel, etc.

Et puis, pendant que je regardais tout ça, cette phrase m’est venue: « Mais tu ne vas pas ENCORE changer de carrière quand même ?? »

Derrière cette phrase, je vois ma mère. Les membres de ma famille. Certain.e.s ami.e.s qui acquiescent mais dont je sens encore l’incompréhension, comme s’iels n’arrivaient pas à me cerner.

Ce n’est pas quelque chose que j’invente de toutes pièces, je l’ai déjà vécu et à de nombreuses reprises. J’ai un parcours très éclectique et le jugement de mon entourage a longtemps été pour moi une source de complexes. Je ne vais pas revenir sur mon parcours, mais je l’ai expliqué en détail dans l’interview que j’avais faite pour Marie Guibouin (que tu peux trouver ici).

Je me sens plus en paix vis à vis de ça, vis à vis du fait que j’ai des intérêts multiples et l’envie de faire de nouvelles choses un peu tous les quatre matins. Mais le fait que j’ai encore ce genre de pensée montre bien que je ne suis pas tout-à-fait guérie.

J’ai peur de ce que mon entourage va penser.

Peur de rester toujours au même point et de ne jamais évoluer comme la plupart de mes ami.e.s qui suivent un plan de carrière.

Peur de m’éparpiller partout et de ne jamais arriver au bout de rien (mais c’est quoi le bout ?).

Pour que tu aies une idée, je te fais la liste de mes envies du moment (en plus de tout ce que je fais déjà):

– Apprendre le tatouage

– Suivre une formation de prof de yoga

– Suivre une formation en Ayurvéda

– Apprendre le concept art

Si je disais ça à voix haute dans ma famille, tout le monde me regarderait avec des yeux ronds en me disant, comme à une bonne petite fille, d’arrêter de dire n’importe quoi et d’être un peu réaliste.

Et quelque part ça se comprend: pour mes parents, on étudiait et on s’engageait dans un métier pour toute sa vie (ils ont un peu évolué là-dessus depuis). A la rigueur le changement était possible peut-être une fois, mais pas avant d’avoir un peu de bouteille dans sa première carrière. Aujourd’hui il est de plus en plus admis que la grande majorité des gentes auront plusieurs changements d’orientation au cours de leur vie.

 

Mais il n’empêche qu’il est toujours difficile de sortir de ce fameux parcours en ligne droite, avec évolutions et augmentations progressives. Je passe encore et toujours pour une extraterrestre aux yeux de mes proches et même si je le vis mieux, ça reste une situation qui parfois me pèse, surtout quand je subis ou me fais subir la comparaison avec d’autres personnes.

Et le pire c’est qu’en voulant apprendre tout ça, je ne me dis pas forcément « je veux une carrière là-dedans, je veux que ce soit mon métier. » Je n’y pense pas vraiment, j’ai simplement envie d’apprendre. J’ai envie d’enseigner le yoga, mais pas à temps plein. J’ai envie d’apprendre l’Ayurveda mais plutôt pour prendre soin de moi et de mes proches. J’ai envie d’apprendre le tatouage, mais si ça se trouve je vais seulement regarder des vidéos ou me contenter de tatouer des pommes de terre et ça me suffira. J’ai envie d’apprendre le concept art parce que je trouve ça cool et j’ai envie d’être une meilleure dessinatrice, sans forcément penser à un éventuel métier derrière.

Et là je me dis, pourquoi on ne pourrait pas tout faire ? Pourquoi je ne pourrais pas être graphiste-illustratrice-écrivaine-tatoueuse-prof de yoga-thérapeute ayurvédique ? Pourquoi tu ne pourrais pas être ingénieure-entrepreneuse-musicienne-championne de tir à l’arc ? Ou prof de sciences-mannequin-monitrice d’escalade-Youtubeuse-éleveuse de bergers allemands ?

Qui a décidé qu’on ne pourrait faire qu’une seule chose si on en a pas envie ? Qu’il serait impossible de tout faire ?

Je te laisse méditer sur la question.