Etre ou ne pas être bikini body ready?

Etre ou ne pas être bikini body ready?

Ca y est. nous sommes au mois de mai ! Il refait beau, chaud, et on peut déjà sentir que l’été s’en vient. Et qui dit été dit plage, dit baignade, dit maillot de bain, dit bikini dit… Toutes les contraintes physiques qui vont avec.

Il suffit d’entrer dans un kiosque à journeaux pour voir les titres qui s’étalent sur les couvertures des magazines:
« Comment être prête pour la plage ? »
« Quel maillot choisir pour être la bombasse on the beach ? »
« A bas la cellulite ! »
« Perdre les derniers kilos avant l’été »
« Cachez-moi ces vergetures que je ne saurais voir sinon ohlala c’est trop la honte autant s’enterrer sous un tas de sable »

J’entends beaucoup, beaucoup trop de femmes dire qu’elles n’aiment pas se mettre en maillot. Et je vais être tout à fait honnête avec toi: oui j’aime mon corps, oui la plupart du temps je me sens bien dedans, mais chaque été j’ai toujours cette petite part de moi qui aurait bien envie de se pointer sur la plage en camisole et qui a une petite hésitation au moment où il faut quitter sa serviette et marcher au milieu de tout le monde pour rejoindre l’eau.

La plage est le lieu où les femmes sont cordialement invitées à oublier toute notion d’indulgence envers leur corps. Exit les titres « Ronde et belle ». Si le reste de l’année on nous pousse clairement à rentrer dans certains standards de beauté, c’est l’été que ces injonctions sont les plus fortes, au point qu’il est presque impossible d’y échapper.

En tête de liste, évidemment la minceur, mais c’est bien sûr loin d’être le seul critère.
Il faut être mince oui, mais ferme. Genre pas de cellulite. Et des formes bien dessinées et toutes aussi fermes, avec obviously la taille marquée.
Il faut aussi avoir la peau lisse, sans tâche, sans bouton, sans pli, sans cicatrice et bien sûr sans vergeture et sans poil. Encore moins des rides.
Il est de bon ton d’arriver sur la plage déjà bronzée. Les cachets d’aspirine c’est pas ultra séduisant. Mais les stéréotypes de la beauté recommandent tout de même d’être caucasienne. (La suite en commentaires!)

Liste non exhaustive.

Dit comme ça, ça parait ridicule et inatteignable. Pourtant, le génie du marketing est de nous faire croire justement que tout ça est possible. Qu’en utilisant telle crème, tel produit de maquillage, telle injection, telle procédure chirurgicale, on se rapprochera de cet idéal que la société a forgé pour nous.

Et si jamais on décidait de résister, tout est fait pour créer des angoisses qui nous pousseront à acheter. La saison des plages en est un exemple parfait: non seulement on va soudainement se découvrir avec les maillots de bains, mais les magazines, les médias nous font clairement comprendre que nous seront observées, jugées, exposées à tous les regards. Par les hommes, mais aussi par les autres femmes. Et là ce ne sont plus notre style vestimentaire, ou même ce qu’on peut apercevoir de notre morphologie sous nos vêtements qui sont jugés, mais bel et bien notre corps. Tel qu’il est, presque à nu.

Je me suis souvent sentie extrêmement vulnérable dans ces moments-là, comme si j’étais une cible ambulante et que je ne pouvais pas me cacher.

Bien sûr, en réalité la plupart des gens ont mieux à faire que scruter les autres vacanciers, mais en général ça n’empêche pas ces pensées-poisons de prendre le dessus sur notre mental.

J’ai vu des femmes de toutes, absolument TOUTES les morphologies, même celles semblant proches de cet idéal de beauté, angoisser et complexer à l’idée de se montrer en maillot. Parce qu’on nous fait croire que tout ce qui n’est pas lisse, jeune, mince, ferme chez une femme est laid. On nous fait croire que les rides entachent un visage, que les poils sont sales, les cicatrices sont laides, la cellulite est écoeurante, les formes sont disgracieuses sauf à certains endroits, etc… Du coup on est poussées à acheter, consommer, poussées par nos angoisses et nos complexes qui sont créés justement pour alimenter ce système.

En voulant nous pousser à désirer entrer dans ce moule jeune et lisse, on nous fait oublier ce que représentent ces aspects de nos corps qu’on nous dit si disgracieux: un passé, une morphologie bien à soi, des expériences de vie, des témoignages de ces années qu’on a vécues, de nos habitudes, et même des expressions de notre personnalité, de notre vitalité, ou des messages que notre corps nous envoie.
Mais surtout du fait qu’on est des êtres humaines totalement uniques.

Et pour moi c’est ça surtout la beauté.

N’hésite pas à me dire ce que tu en penses 🙂 Des bises !

Et si on devenait des mangeur.se.s de graines ?

Et si on devenait des mangeur.se.s de graines ?

Si tu me suis depuis un moment, tu le sais peut-être: il y a un peu moins de deux ans, j’ai pris la décision de devenir végétarienne, autrement dit de ne plus manger de chair animale (viande, poisson, crustacés, etc). La cause animale me tenait réellement à coeur, et ça faisait longtemps que je voulais me jeter à l’eau. Mais il y avait ma famille qui ne comprenait vraiment pas cette démarche, puis mon amour de la viande et du poisson, et le fait qu’étant donné que j’étais intolérante au gluten, je me privais déjà largement.

Mais à force de me renseigner, l’idée a fait son chemin dans ma tête. Et d’un coup, j’ai su que c’était le bon moment. J’ai d’abord arrêté la viande, puis quelques mois plus tard le poisson.

Je me sentais bien avec cette démarche, mais pour avoir fait beaucoup de recherches, je savais déjà à l’époque que ça ne pourrait pas suffire.

L’exploitation animale ne se limite pas à la viande, mais aussi aux produits laitiers, aux oeufs, au miel, à tous les produits issus des animaux. Si tu as entendu parler des actions de L214 (entre autres), tu n’ignore sans doute pas les conditions atroces dans lesquelles vivent ces animaux d’élevage, qui n’ont rien demandé à personne et ne sont là que pour notre bon plaisir.

Mais il en va aussi de l’avenir de notre planète: cette industrie occupe 41% des surfaces agricoles de la Terre. Ses consommations en eau sont phénoménales et elle est entre autres responsables d’une grande partie de la destruction de la forêt amazonienne. Et oui, il faut bien les nourrir ces animaux et les mettre quelque part ! L’industrie de l’élevage serait aussi responsable à plus de 50% des émissions de gaz à effet de serre.

Nous le savons aujourd’hui, nous manquerons bientôt d’eau potable et de surfaces agricoles exploitables, sans compter le réchauffement climatique qui s’aggrave et les ressources qui s’épuisent. Et pourtant, nous continuons à consommer de la viande à haute quantité, en moyenne 80kg par an et par personne.

Si tu veux en savoir plus sur l’impact de l’industrie d’élevage sur la planète, je t’encourage à regarder le documentaire Cowspiracy sur Netflix.

(Je précise qu’il ne s’agit pas du tout de culpabiliser qui que ce soit, mais vraiment de faire prendre conscience de la portée de notre consommation. Même si on ne veut pas arrêter de manger de la viande, il est toujours possible d’en acheter moins souvent et de faire attention à son origine par exemple)

 

Après toutes les recherches que j’ai faites, je me retrouve à un stade où je sais que je ne peux plus faire comme si je ne savais pas, et je sens qu’il est temps de transitionner vers le véganisme.

(Il s’agit de ne consommer ni chair animale, ni produits issus des animaux, dans son alimentation mais aussi dans son mode de vie, c’est-à-dire d’exclure le cuir, la laine, la soie, etc)

Je l’avoue, le végétarisme était plutôt confortable et au final très faisable au quotidien une fois que j’y étais habituée. Mais le véganisme c’est une autre paire de manche, et là les questions fusent:

Comment se passer d’aliments qu’on adore ? De barbecue ? De RACLETTE ??
Comment faire quand on est invité.e chez d’autres personnes ?
Comment sortir au resto avec des ami.e.s sans passer pour le chieur/la chieuse de service ?
Comment faire ses courses au supermarché ? Comment repérer les ingrédients qui ne sont pas vegan dans les produits qu’on nous vend ?
Est-ce que ça coûte plus cher ?
Comment l’annoncer à sa famille, surtout quand notre entourage est omnivore ?
Quels sont les compléments alimentaires à prendre pour ne pas être carencé.e.s ?
Comment faire lors des événements (mariages, baptêmes, fêtes de famille, anniversaire) ?
Comment faire quand on a un animal ? Est-ce qu’on a le droit d’en avoir un ?
Où trouver des vêtements vegan ?
Comment réadapter les recettes qu’on aime quand on est flemmard.e en cuisine ?

etc…

Toutes ces questions, je me les pose. J’ai fait des recherches, regardé des témoignages, mais j’ai malgré tout du mal à voir comment je vais pouvoir adapter tout ça à mon quotidien.

Et c’est là que je me suis dit, pourquoi ne pas le partager avec toi ?

Mais évidemment je ne suis pas certaine que ça t’intéresse. Peut-être que tu n’as pas la moindre envie de devenir vegan, ou même que tu l’es depuis dix ans et que tu n’as plus grand chose à apprendre de ce côté là.

Donc j’ai décidé de créer une autre Newsletter. Une Newsletter où je te partagerai mes trouvailles, les applis qui me facilitent la vie, mes expériences, mes tests, mes coups de coeur, mais aussi mes doutes, mes déboires, mes erreurs, mes foirages culinaires et même mes craquages si ça arrive (je suis humaine après tout). En gros te partager tout ça avec transparence et honnêteté, dans un esprit de bienveillance et sans aucun jugement ni culpabilisation ! Je répondrai à toutes tes questions et je serai of course preneuse de bons conseils de vegans plus averti.e.s que moi 🙂

Je ne posterai pas forcément régulièrement, ce sera en fonction de mes envies et de ce que j’ai à te partager bien sûr 🙂

Alors si ça t’intéresse, que ça te parle, tu es la bienvenue pour rejoindre l’aventure (même si tu n’as pas envie d’être #vegan hein, y a de la place pour tout le monde) ! Il te suffit de cliquer sur ce lien: eepurl.com/drXO_5

Tu peux aussi partager ce post si tu connais des personnes que ça pourrait intéresser 🙂

Prends soin de toi !

CDI, quand la sécurité devient une prison dorée

CDI, quand la sécurité devient une prison dorée

Ces derniers jours, j’ai regardé le témoignage d’une Youtubeuse qui partageait son expérience désastreuse au travail, où elle a subi intimidation, harcèlements, racisme, à un degré tel qu’elle en a été broyée, selon ses mots. Je te mets la première partie du témoignage ici, par contre prépare-toi un thé si tu regardes, le total des 3 parties doit durer à peu près 4 heures 😁 Mais c’est vraiment intéressant et révélateur: https://www.youtube.com/watch?v=UEQd4mYnZ-Q

J’ai été totalement écoeurée en regardant cette vidéo. Je n’ai sans doute pas vécu la moitié de ce que cette personne a vécu, mais je me suis retrouvée dans certaines des situations qu’elle a évoquées, notamment l’engrenage dans lequel elle a été prise en se retrouvant en CDI: ce qui ne devait être qu’un boulot d’été s’est transformé en job à plein temps lorsqu’on lui a fait pensé qu’elle était indispensable, que cet argent pourrait lui servir pour ses études.

C’est plus ou moins ce qui m’est arrivé: je restais, même si je supportais mal ce travail, même si je m’ennuyais à mourir. Je restais en partie parce que je culpabilisais, en pensant qu’on avait besoin de moi et que ce n’était quand même pas correct de laisser tout le monde en plan.

Et puis j’étais en CDI. J’avais cette fameuse stabilité de l’emploi, que tout le monde semble rechercher. Franchement, de quoi je me plaignais ? D’ailleurs même mes parents me le disaient: « Ok, ça ne te plait pas, mais bon au moins tu es en CDI ».

Loin de moins l’idée de diaboliser complètement le CDI. Si ton job te plait, que tu as des collègues cool, que tu vas chaque matin au travail le coeur léger, et que le système du salariat te plait, alors tout roule.

Le problème, c’est quand les choses commencent à aller mal. Ca peut être l’ambiance qui te pèse, les tâches qui t’ennuient ou te déplaisent, ou même pire que ça. Bien sûr, rien n’est parfait et on se retrouve forcément lorsque ta santé physique ou mentale commencent à en pâtir, là c’est grave et il faut faire quelque chose, dès les premiers signes, parce que c’est souvent un tort de croire que ça va passer tout seul.

Le problème n’est pas le CDI en lui même. Le problème est que pendant notre scolarité, nos années d’études, on nous martèle que c’est l’objectif, le Saint Graal à atteindre. Parce qu’une fois que tu l’as, tu as la sécurité de l’emploi, c’est sûr !

Alors tu bosses pour l’atteindre ce fameux Graal ! Sauf qu’une fois que tu l’as ça peut être la désillusion: d’accord, tu as la sécurité de l’emploi, des vacances payées, peut-être même des primes, mais que se passe-t-il si tu détestes ce que tu fais ? Si tu t’ennuies ? Si l’ambiance au travail te pèse et que tu ne t’y sens pas bien ?

Souvent on reste. Parce qu’on se dit qu’on a quand même bien de la chance, qu’on a besoin de nous, et que au moins on ne sera pas dans le besoin puisqu’on a cette fameuse sécurité de l’emploi.

Et c’est là le problème: quand on reste alors que rien ne va plus (comme en amour en fait). Ou plutôt, quand on se sent obligée de rester. Alors qu’en fait…

on a pas vraiment besoin de nous. Dans le monde du travail, personne n’est irremplaçable.

oui, un CDI c’est la stabilité, mais les entreprises qui coulent, il y en a plus d’une à qui c’est arrivé. On peut te supprimer des avantages. Tu peux te faire virer (difficilement mais ça arrive).

Dans tout mon entourage, j’ai entendu des histoires franchement horribles. Et à chaque fois j’ai envie de crier « Mais comment peux-tu supporter ça ? Ce n’est PAS NORMAL !! » avant de me rappeler que ça a été mon cas, il n’y a pas si longtemps. Je repense à cette fois où je me suis trainée au boulot alors que je m’étais fait mal aux côtes. A celle où j’avais tellement mal au dos que je n’en pouvais plus. Et à d’autres encore, où j’ai relégué ma santé au second plan, pour un job dont en fait je me fichais totalement. Ca me parait dingue quand j’y repense.

La Youtubeuse qui a témoigné a dit une phrase qui m’a marquée: « Le temps c’est plus précieux que l’argent, même si on a tendance à l’oublier. »

Oui une entreprise t’embauche, te paie, t’offre même des avantages. Mais ce n’est pas par générosité, c’est parce que toi en retour tu acceptes de lui offrir ton temps et ton expertise. Tu n’es pas chanceuse, tu n’es pas privilégiée, c’est simplement un échange qui va dans les deux sens. C’est quelque chose que j’avais oublié et que ma mauvaise expérience en CDI m’a rappelée.

Je ne dis pas que c’est simple dans notre société actuelle, loin de là. Il y a clairement un problème avec le système. Mais que tu partes ou que tu restes, n’oublie pas que rien n’est plus important que ta santé physique et mentale, et ton temps. Même le salaire le plus élevé du monde ne pourra pas te les offrir.

Prends soin de toi !

Non, on ne "fête" pas le 8 mars !

Non, on ne "fête" pas le 8 mars !

Et oui, aujourd’hui ce n’est pas n’importe quel jour du calendrier, c’est le 8 mars ! Peut-être t’es-tu toi aussi retrouvée dans l’une de ces situations ce jour-là:

Il est 9h, tu arrives en vue de l’immeuble où tu travailles. Mais avant même que tu aies le temps de tendre la main vers la porte, ton collègue Gilbert, qui habituellement t’adresse à peine la parole, se précipite pour l’ouvrir et la tient afin de te permettre d’entrer. Et te fait remarquer avec le sourire « C’est la journée de la femme, il faut être galant. »

(Vite, qu’on donne une médaille à ce brave homme !)

15h, tu fais une petite pause avec tes collègues. Et là Bernard, ton supérieur, débarque avec une flopée de roses et offre une fleur à chaque femme de l’étage, tout en ne manquant pas de soulever « à quel point vous êtes belles mesdames aujourd’hui ».

18h, tu vas pouvoir quitter le boulot. Ton téléphone vibre, tu as reçu un SMS. C’est ton mec/ton frère/ton meilleur pote (ou autre, au choix): « Joyeuse journée de la femme ! Je t’invite au restau ce soir pour fêter ça! »

Tous les ans ou presque je connais ce genre de situation (même si pas dans le même contexte) et je ne doute pas que toi aussi.

Mais il est plus que temps de remettre les choses dans leur contexte !

Pour commencer, La journée de la femme N’EXISTE PAS. C’est La journée internationale des DROITS des femmes (ou Journée de lutte pour les droits des femmes, ou Journée des droits des femmes, ou Journée internationale des femmes).

Cette journée a été créée en 1909 dans un but militant, pour revendiquer le droit de vote des femmes, le droit au travail, et la fin des discriminations au travail. Ce n’est qu’en 1977 que les Nations Unies ont officialisé cette journée. Son but est encore aujourd’hui de se pencher sur les inégalités et discriminations dont nous sommes victimes et de mesurer le chemin qu’il reste à parcourir (entre autres).

Cette journée n’est pas là pour offrir des fleurs et des chocolats. Ce n’est ni la Saint Valentin, ni notre anniversaire (sauf évidemment pour celles qui sont nées le 8 mars). Ce n’est certainement pas non plus pour avoir droit à un deuxième ensemble lingerie à -50% ou un sèche-linge soldé.

Cette journée nous rappelle que nos droits ne sont pas garantis, et que la lutte est loin d’être gagnée. Et tant que nous vivrons dans une société patriarcale et sexiste, tant que des femmes dans le monde seront persécutées, victimes de violences, tuées, cette journée existera. Personnellement ce n’est pas quelque chose que j’ai très envie de fêter, mais c’est aussi pour ça qu’elle est si importante et qu’il est nécessaire de ne pas oublier pourquoi elle existe.

J’ai voulu écrire ce texte parce que j’en ai MARRE de voir cette journée réduite à un vaste plan marketing, à des fleurs, ou à des blagues totalement nulles du type: « On fait ce que vous voulez aujourd’hui parce que tous les autres jours de l’année c’est le jour de l’homme bwahahaha », auxquelles je n’ai vraiment plus envie de répondre.

Du coup, j’ai choisi de rester chez moi aujourd’hui, où le seul être de sexe masculin est mon chat, qui ne sait même pas quel jour on est. Mais si des gens t’embêtent avec ça, ou ne veulent vraiment pas comprendre, n’hésite pas à leur envoyer ce texte 🙂

J’ai une énorme pensée et un amour immense pour toutes les Femmes de ce monde qui vivent dans cette société patriarcale, dont toi, héroïne et Femme forte que tu es ❤

Pourquoi feminisme et pas humanisme? Ou pourquoi non, etre feministe n'est pas une honte.

Pourquoi feminisme et pas humanisme? Ou pourquoi non, etre feministe n'est pas une honte.

Aujourd’hui j’aimerais revenir sur quelque chose qui me semble vraiment important. Je crois en avoir déjà parlé, ou du moins l’avoir évoqué il y a quelques temps, mais je ressens un besoin de plus en plus pressent de mettre un point sur les i.

Depuis l’affaire Weinstein, les langues se sont déliées, et enfin on nous écoute. Et il faut dire qu’il était plus que temps! On arrive à un moment où enfin, il devient de plus en plus mal vu d’être dans le camp des oppresseurs (bon on y est pas encore tout à fait, mais on s’en rapproche).

Le fait est que depuis que j’ai sérieusement commencé à m’intéresser au féminisme, j’ai énormément entendu ce genre de phrase:

« Je ne suis pas féministe, je suis humaniste. »

Ou égalitariste, selon les personnes.

Ca m’agace, et pourtant je peux comprendre que ces personnes sont bien intentionnées. Si tel est ton cas, je ne te jette pas la pierre, le but de cet article n’est pas de te livrer en pâture sur la place publique, mais de t’expliquer pourquoi remplacer le terme de féminisme par humanisme (ou autre) n’est pas une chose à faire, en plus d’être franchement irrespectueux.

J’ai pu retenir deux grandes raisons pour lesquelles au terme de féminisme est préféré un autre (l’une des raisons étant sans doute bien plus réaliste que l’autre).

 

1. Tu es un homme et tu ne te sens pas légitime à te dire féministe car tu ne vis pas la souffrance des femmes, même si tu te considères comme un allié à part entière.

(Je ne suis pas sûre que ce soit la majorité, mais on peut rêver!)

Tu as droit à toute ma gratitude. Mais bien sûr que tu es légitime! Je ferai prochainement un article pour t’expliquer comment être un bon allié pour les femmes féministes de ta vie.

 

2. Le refus d’être associé.e au féminisme.

En règle générale, les personnes se disant humanistes au lieu de féministes partagent plus ou moins les valeurs du féminisme: elles sont pour l’égalité des sexes, contre les oppressions faites envers les femmes, etc. Après tout dépend de leur implication et leur connaissance de ce que le féminisme recouvre, mais elles ont tendance à s’accorder sur l’idée générale.

Mais même si iels partagent ces valeurs là, iels refusent manifestement de se voir coller l’étiquette de féministes. Et pour cause, le féminisme a très mauvaise presse, même encore aujourd’hui suite à l’affaire Weinstein. On continue de nous considérer comme des sortes de sorcières hargneuses, prêtes à crier au viol dès qu’un individu mâle nous demande l’heure dans la rue.

Moi en écrivant cet article.

 

 

Pour beaucoup, le féminisme a une dimension extrémiste, absolue, qui confine même à la haine des hommes. En gros, si on nous laissait les rennes, il y a belle lurette que les hommes seraient enfermés à la maison avec les enfants, n’auraient plus le droit de voter, d’avoir leur propre compte en banque…

Tiens c’est drôle, ça me rappelle quelque chose.

 

Bref.

Le Larousse définit l’humanisme comme une « Philosophie qui place l’homme et les valeurs humaines au-dessus de toutes les autres valeurs. »

Le terme d’humanisme impliquerait une vision plus élargie: on considère tous les individus qui peuplent cette planète comme des êtres humains à part entière et doivent être traités comme tels, sans distinction quelle qu’elle soit.

Dans un monde idéal, ce serait notre réalité.

Mais voilà, nous ne sommes pas dans un monde idéal. Les inégalités sont là et bien présentes, ainsi que les constructions sociales par lesquelles certains groupes sociaux sont dominants et d’autres dominés.

Alors je me doute bien que toutes les personnes qui se disent humanistes ne sont pas des bisounours vivant dans les fleurs et les papillons. Qu’ils sont parfaitement au courant des réalités du monde et des injustices existantes.

Se dire humaniste parce qu’on espère qu’un jour, ne voir que l’humain et les valeurs humaines sera la réalité est une chose. Mais se dire humaniste pour remplacer le terme de féministe en est une autre. (note que ça vaut pour toute lutte contre une forme de discrimination particulière)

Car non, le féminisme ne désigne pas une bande de folles furieuses prêtes à se jeter à la gorge du premier homme qui passe. Le terme de féminisme recouvre de multiples courants, sociaux, culturels, politiques. Le féminisme, c’est une histoire, des histoires. Ce terme recouvre les luttes de femmes qui se sont battues pour leurs droits, qui ont été violentées, tuées, parce qu’elles demandaient ce qui aurait dû leur être normalement acquis.

Se nier féministe alors qu’on en partage les valeurs, c’est nier toutes les spécificités du féminisme, toute son histoire, et toutes ces femmes qui ont permis que nous puissions aujourd’hui en France voter, aller à l’université, travailler, avoir le choix de ce que nous voulons faire de notre corps.

Nier le terme de féminisme, c’est nier que le groupe social de type homme reste dominant sur le groupe sociale de type femme. Que nous vivons toujours dans une société patriarcale.

C’est nier que les inégalités, les violences dont souffrent les femmes sont toujours existantes.

C’est nier que la lutte reste nécessaire, et que rien n’est acquis.

Non, être féministe ce n’est pas honteux, ce n’est pas une tare, ça ne fait pas de toi un.e hystérique, un.e extrémiste qui veut la mort de tous les êtres de sexe masculin. Ca signifie que tu reconnais l’existence de ces mouvements, que tu adhères à ces valeurs. Que tu te places contre les oppressions et les oppresseur.se.s, que tu es soies une concernée, soit un allié. Que tu es conscient.e de l’importance de cette lutte et que tu as le courage de tes convictions.

Se dire féministe, c’est déjà agir.

Parce qu’il est plus que temps que la honte change de camp, et que se dire féministe soit au contraire une source de fierté et même quelque chose de normal.

N’hésite pas à me dire ce que tu en penses en commentaire.

Coeur sur toi!

Mon top 3 des arguments les plus débiles contre l'écriture inclusive

Mon top 3 des arguments les plus débiles contre l'écriture inclusive

Petit nota bene avant de débuter: je parle ici de l’écriture inclusive principalement sous le prisme de ses impacts envers le sexisme et les rapports hommes/femmes car c’est ce que je connais, mais n’oublions pas que cette écriture permet aussi d’inclure les personnes d’autres genres, encore plus invisibilisé.e.s que les femmes par la langue française.
 
Aujourd’hui, je râle! Il faut bien, hein, sinon ça manquerait!
En ligne de mire, l’écriture inclusive (mais tu sais, tu as lu le titre). Ce n’est pas par hasard que j’écris cet article aujourd’hui, puisqu’à l’heure où je le commence je viens d’apprendre que l’écriture inclusive se trouve bannie des textes officiels.
Tu as sans doute entendu parler de l’écriture inclusive, mais si ce n’est pas le cas n’hésite pas à faire une petite recherche sur le sujet avant de lire cet article. Je ne compte pas la définir, d’autres l’ayant expliqué bien mieux que je pourrais le faire et mon texte serait bien trop long.
Voilà un certain temps que l’écriture inclusive provoque des débats déchainés, en particulier depuis le jour où Hatier a sorti un manuel scolaire de niveau CE2 introduisant cette syntaxe. Depuis, c’est l’avalanche de critiques à l’encontre de cette forme d’écriture, tandis que de l’autre côté les passions sont tout aussi présentes pour la défendre.
Je pars toujours du principe que chacun a droit à sa propre opinion, même si j’avoue être moins tolérante pour certaines que pour d’autres.
Je pense que tu t’en douteras (notamment parce que je la pratique), mais je suis totalement pour l’écriture inclusive. C’est à mes yeux non seulement une nécessité, mais en plus une manière de revenir sur le sexisme de la langue française, l’invisibilisation des genre autres que masculin, et plus exactement de cette règle qui veut que le masculin l’emporte sur le féminin.
Au début je pensais te lister les raisons pour lesquelles je suis pour l’écriture inclusive, mais à la réflexion ça me semblait redondant, étant donné que je suis d’accord avec la plupart des articles et textes la défendant. Du coup, j’ai décidé de te faire un petit top 3 des arguments les plus idiots que j’ai pu lire à l’encontre de l’écriture inclusive.
 

3. C’est encore un caprice des féministes, alors qu’il y a de vrais problèmes!

 
Je n’étais pas sûre de mettre celui-ci dans le top parce qu’il n’est pas propre à l’écriture inclusive, mais j’en ai tellement ras le bol de voir ça partout que je vais une fois de plus mettre les points sur les i, les barres sur les t, breeeef.
A chaque fois, je dis bien à CHAQUE FOIS qu’un.e article/discours/vidéo/etc féministe est publié.e sur n’importe quel sujet concernant le sexisme ordinaire, PAF ce même argument ressort, servant justement à discréditer le propos de l’auteur.e. Parce que vous pensez bien, que lorsqu’on se met à parler viols et violences physiques envers les femmes, le soutien n’est bizarrement pas davantage présent.
Pour bien t’expliquer pourquoi ce genre d’argument est absurde, voire dangereux, je te propose une analogie: il y a un peu plus d’une semaine j’ai adopté un petit chat. Il s’est super bien adapté à son nouvel environnement, sauf que j’ai remarqué que comme beaucoup de chatons, il a tendance à me mordiller quand il joue.
Face à ce comportement, j’ai deux réactions possibles:
– Le gronder à chaque fois qu’il le fait
– Laisser couler en considérant que ce n’est pas grave. Il ne me fait pas mal du tout, et il le fait juste pour jouer, ce n’est pas agressif.
Ce comportement n’est pas grave, ce n’est pas dangereux, ça ne fait pas mal. Pourtant, ayant déjà eu des animaux, je sais que si je ne lui dit rien il va intégrer ce comportement comme quelque chose de permis, de normal. Et lorsqu’il va grandir, qu’il aura ses dents d’adulte et se mettra à mordre plus fort et à faire cette fois vraiment mal, il aura du mal à comprendre pourquoi d’un coup ce comportement n’est plus acceptable et il sera extrêmement difficile pour moi de l’en faire changer.
Je t’en avais parlé lors de mon dernier article sur #metoo: il n’y a pas de petite violence, de violence pas grave. Dès lors que personne ne proteste face à un certain type de comportement, celui-ci est normalisé, puis ancré dans la société, à tel point qu’il est vraiment très difficile de convaincre les membres de cette société que ce comportement est nuisible et inacceptable, souvent même auprès des victimes.
Si un homme et une femme débattent d’un sujet et qu’un jury conclut que l’homme gagne parce que « le masculin l’emporte forcément sur le féminin », on est d’accord que c’est une attitude sexiste et injuste (si tu penses le contraire, je t’invite à quitter cette page dès à présent, je doute que mon propos t’intéresse). Mais en langue française, dire « Le masculin l’emporte sur le féminin » est la normalité et régit totalement notre langue. Pourtant, en quoi serait-ce moins sexiste?
 

2. Je ne vois vraiment pas ce que ça change!

 
Donc la langue française est un patrimoine noble auquel il ne faudrait surtout pas toucher sous peine de pervertir les futures générations d’écoliers et les transformer en débiles profonds mais si on la change ça ne servirait à rien? Faudrait peut-être songer à se décider parce que c’est un chouia contradictoire là.
Bien sûr, quand on est adulte et qu’on a grandi avec, qu’on l’a bien intégrée, on ne voit pas ce que ça peut changer. On ne voit plus forcément le sexisme qu’il y a derrière. Mais les mots ont un véritable poids et si tu es attaché.e à la langue, je pense que tu ne peux que le reconnaître.
Quand on est enfant, l’une des premières règles de français qu’on apprend est que le masculin l’emporte toujours sur le féminin. Je l’ai d’ailleurs vécu au lycée, en section littéraire: sur environ 25 élèves, il n’y avait qu’un seul garçon, et évidemment les pronoms masculins étaient employés, comme si la masse des 24 filles était quantité négligeable.
A l’école on apprend aussi que médecin, pompier, ingénieur, écrivain, pilote, etc n’ont pas de féminin (même si certains ont commencé à s’imposer).
Dans notre langue, le féminin est invisibilisé. Dire à une petite fille qu’il n’existe pas de féminin à médecin, c’est envoyer le message très implicite (et inconscient) qu’elle ne pourra pas l’être, car forcément exclue de cette catégorie. Et je ne parle même pas des enfants d’autres genres, qui sont eux totalement exclus de la langue. De nombreux pédopsychiatre s’accordent à dire que les schémas de genres s’imprègnent extrêmement tôt chez les enfants. Qu’on le veuille ou non, notre langue, dominée par le masculin, y participe.
 

1. L’écriture inclusive, c’est laid

 
LOL
Pour moi la palme des arguments stupides.
En lisant/entendant ça, je ne sais jamais trop si j’ai envie de rire ou de pleurer. Le pire étant que souvent, cet argument vient de linguistes, ou de personnes ayant une connaissance assez solide de la langue.
Le même genre d’argument était sorti concernant la réforme de l’orthographe qui avait fait un véritable tollé.
Donc en un mot comme en mille: une langue c’est pas fait pour être beau.
Voilà, c’est dit.
Bien sûr, il y a la poésie, la littérature, les belles lettres, la musique (quoique dans le son c’est moins gênant). Et là je comprends tout à fait qu’on puisse craindre que ça nuise à l’esthétisme de la langue, étant moi-même de formation littéraire. Là, dans ce cadre, je trouve l’argument pertinent.
Mais il s’agit d’un cadre restreint. De base, une langue est faite pour communiquer, dans le sens le plus large du terme. Que ce soit parler de la pluie et du beau temps avec ses voisins ou défendre des idées, des convictions.
Si tu es quelqu’un qui aimes écrire, partager des idées, je pense que tu seras d’accord que ce qui compte, ce n’est pas seulement ce qu’on dit, mais la manière dont on le dit. Utiliser l’écriture inclusive, ce n’est pas seulement une forme de rébellion contre le sexisme de notre langue, c’est aussi parler au plus de personnes possibles, quel que soit leur genre, et les rendre visible, les inclure (raison pour laquelle ça s’appelle écriture inclusive).
En France, le changement reste encore et toujours un sujet sensible. Vouloir s’attaquer à notre bien-aimée langue, c’est pour certains un peu comme si on décidait de détruire le Louvre et de le remplacer par un Casino cafétéria. Mais lorsque l’esthétisme ou la tradition deviennent des arguments pour empêcher l’évolution ou conserver des pratiques rétrogrades et injustes, ça n’est plus recevable. Bannir l’écriture inclusive pour la raison que « c’est moche » revient à peu près à avancer les arguments de « la séduction à la française et la tradition grivoise » pour excuser le harcèlement de rue.
(oui, j’y vais fort, mais je l’ai dit, il n’y a pas de « petit » sexisme ou de « petite » discrimination)
 
 
Alors oui tu peux te dire que « c’est dur à lire », c’est « lourd » (mais quand même bien moins que certaines alternatives que j’ai vue proposées à plusieurs reprises). Oui, il y a des interrogations, des points qu’il faudra résoudre, oui ça va nécessiter de changer beaucoup de choses, de prendre de nouvelles habitudes, de se bousculer un bon coup et ça va prendre un sacré bout de temps. Mais en fin de compte, l’adoption de l’écriture inclusive c’est aussi un pas de plus pour donner à nos enfants une chance de grandir dans une société moins sexiste, moins genrée et plus tolérante que la nôtre.
Ce qui est quand même une perspective plutôt sympa.
 
A la revoyure!
Nessy