J’ai un fantasme… (et c’est pas ce que tu crois)

J’ai un fantasme… (et c’est pas ce que tu crois)

Parfois, j’ai un fantasme complètement délirant, décadent même si on considère la société dans laquelle on vit.

Parfois, j’ai le fantasme de disparaitre d’un coup des réseaux sociaux pour ne jamais y revenir.

C’est quelque chose qui me trotte dans la tête tout particulièrement dernièrement. La dernière fois, je m’en souviens parfaitement, c’était il y a environ un an et demi. J’étais dans une relation avec un homme, une relation à distance. Il se trouve qu’il détestait parler au téléphone, ce qui fait que les messages sur WhatsApp étaient notre unique mode de communication. En un peu plus d’un mois, je n’ai réussi à le convaincre de faire qu’un seul appel.

Plus les semaines passaient, et plus j’avais l’impression de perdre de vue la personne. Le son de sa voix, ses expression, son rire, son visage. En gros, j’avais de plus en plus l’impression d’entretenir une relation avec mon téléphone. Les mots étaient des textos, la voix une sonnerie, les expressions des smileys. Lorsque la relation s’est terminée, je me suis sentie comme si j’étais en overdose. J’ai très sérieusement songé à me débarrasser de mon smartphone, ou plutôt à le mettre dans un tiroir et le ressortir seulement pour les voyages. J’avais même commencé à regarder les vieux téléphones portables sur le marché et comment je pouvais mettre mes apps sur l’ordi. Et finalement, ça m’a passé, j’ai décidé d’avoir une utilisation plus raisonnée du smartphone, et ça m’allait. Jusqu’à aujourd’hui.

Je ne sais pas si tu as vu le Diable s’habille en Prada. Dans le film (pas terrible, je te l’accorde) Andy travaille pour la terrible Miranda Prieslty et se retrouve à passer sa vie sur son téléphone pour satisfaire les exigences de sa boss. Et à la fin, en un geste libérateur, elle balance son portable dans une fontaine.

A l’époque, je trouvais terrible qu’Andy soit devenue à ce point esclave de sa patronne par l’intermédiaire du téléphone qui sonne sans arrêt, est toujours présent, même dans son intimité. Et pourtant, si je me regarde aujourd’hui, est-ce que vraiment ma situation est différente? D’accord, je n’ai pas de patron·ne, mais il faut croire que ça n’empêche pas mon smartphone d’avoir pris une place prépondérante dans ma vie. Que ça ne m’empêche pas non plus d’avoir cette impression d’être sans cesse sollicitée alors que je n’ai rien demandé.

Pourtant, je suis loin de ne trouver que des défauts aux réseaux sociaux: ça permet à des artistes, des porteurs·ses de projets, des militant·e·s et tant d’autres personnes d’avoir une voix et un impact qu’ils n’auraient sans doute pas eu sinon. On peut y relayer des informations que les médias rechignent à dévoiler, avoir accès à des réflexions qui nous font grandir, des événements qui nous révoltent. On peut y démarrer des révolutions, aider des personnes qui en ont besoin. Moi-même je les utilise beaucoup dans un but militant.

Et puis il n’y a pas que les applications: je ne compte plus le nombre de fois où mon GPS m’a sauvé la vie. J’adore mon application pour les règles qui me permet de suivre mes cycles, moi qui suis totalement tête en l’air quand il s’agit de les noter. Et puis il y a le côté si pratique de l’app Uber, de mon appli bancaire, et je ne parle même pas de celles de messagerie qui me permettent d’être en contact bien plus facilement avec mes proches.

Et pourtant, je ne peux pas m’empêcher d’avoir parfois cette impression d’être une marionnette entre les mains d’individus peu scrupuleux qui ont créé et dirigent ces machines, sans compter que personne ne sait vraiment ce qu’ils font de ce qu’on poste. Je ne peux pas m’empêcher de sentir ma valeur être rattachée, même un tout petit peu, aux nombres de likes et de commentaires (alors que pourtant j’ai plutôt confiance en moi). Tout en reconnaissant les bons côtés des réseaux sociaux, je m’en sens esclave.
Je vois bien aussi que je lis moins. Que je crée moins. Que je ne m’ennuie plus. Que parfois, en regardant certaines photos postées par d’autres, je me sens un peu moins bien. Que je peux même douter de mes objectifs. Que ça peut m’arriver de recevoir un commentaire de trolls, et de voir que ça me touche quand même un peu.

Les réseaux sociaux contribuent à nous formater et ont un impact sur notre capacité de concentration, notre créativité, notre estime de nous et bien d’autres choses. Plusieurs études l’ont montré, et je n’ai aucun mal à les croire. Surtout quand je vois les questions que je me pose, et que je vois d’autres se poser.
Pourquoi mon nombre d’abonnés stagne ?
Pourquoi autant de gens voient mes publications mais ne like pas ?
Pourquoi si peu de gens répondent aux sondages de mes stories ?
Est-ce que vous aimez mon contenu ? Quel type de contenu vous aimeriez voir sur mon compte/ma page ?

J’ai eu mon premier smartphone en septembre 2014, soit bien plus tard que la plupart des gens. Ca fait moins de 5 ans, et pourtant j’ai du mal à me souvenir de comment je faisais avant.

Parfois je brûle de faire comme Andy, jeter mon smartphone dans une fontaine et ne plus jamais en entendre parler (bon dans la vraie vie je le ferais recycler, c’est quand même mieux).
Sauf que comment je ferais pour le travail ? Comment je pourrais trouver des client·e·s ?
Me faire connaitre ? Partager tout ce qui me tient à coeur ?
Et toutes ces belles informations à côté desquelles je passerais ?
Et surtout, est-ce que je ne risquerais pas de perdre de vue mes proches ?

Je me doute que la solution la plus vivable serait certainement de simplement diminuer mon temps de présence sur les réseaux sociaux (surtout Insta). Sauf que quand on a développé une addiction (n’ayons pas peur des mots) ça n’a en fait rien de simple (si tu as des astuces je suis preneuses).

Mais je vais peut-être quand même récupérer un téléphone ancienne génération pour les moments où, comme maintenant, j’en ai vraiment trop marre 😄

Des poutous !

Money Talks #1 L’argent est-il mauvais?

Money Talks #1 L’argent est-il mauvais?

Je te le dis en toute honnêteté: j’ai des problèmes avec l’argent, qui se sont vraiment révélés dans toute leur splendeur lorsque je me suis lancée dans l’aventure entrepreneuriale. J’ai pu largement observer que je ne suis pas la seule. J’ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes et de faire une série d’articles sur le sujet. N’hésite surtout pas à me partager ton avis, ton expérience, je serais ravie d’en discuter avec toi !

 

Tout commence avec un homme, plus ou moins jeune. Il est riche, considère tout ce qu’il a comme acquis, est désabusé, parfois cynique, il ne croit en rien ou bien se prend pour le maître du monde. Souvent, il enchaine les conquêtes. Ses amis sont tous des hypocrites.
Et puis, un jour, une femme débarque, toujours jolie ça va sans dire, elle est pauvre mais elle a beaucoup de qualités de coeur. D’ailleurs tous les gens qui l’entourent sont sans chichi et bienveillants. Et oui, puisqu’elle est pauvre, elle connait le « vrai » monde, la « vraie » vie. Elle n’a pas été pervertie par l’argent facile, ELLE, elle connait la vraie valeur des choses et apprécie donc bien mieux la vie.
Ils se rencontrent de manière totalement incongrue. Au début il la trouve ridicule, et puis il finit par l’admirer parce qu’après tout, elle se bat si fort pour subvenir à ses besoins. Et il envie son bonheur, finissant finalement par comprendre que tout son argent l’empêchait d’être heureux (bah oui bien sûr) en plus de faire de lui un sale con. Du coup il largue ses potes et sa famille d’hypocrites, part s’installer avec elle dans son petit studio pour mener une vie plus simple. Mais pas bête la guêpe, il garde quand même ses sous histoire de pouvoir offrir à sa dulcinée un rêve quelconque qu’elle n’avait jamais pu se payer.

 

Cette histoire tu la connais probablement: c’est le scénario vu et revu de films, livres, séries télé. Souvent on a droit au mec riche-fille pauvre, mais parfois c’est l’inverse. Je te rassure c’est quand même l’homme qui vient à son secours, en la sauvant d’un mariage arrangé par exemple (cf Titanic).

Bref, toutes ces histoires visent à nous montrer une chose: être riche, c’est nul. Si t’as de l’argent, tu vas forcément devenir un·e horrible humain·e qui n’en a plus rien à foutre des autres, tu ne penseras qu’à acheter des trucs luxueux. Tu auras un boulot sans le moindre sens et aucun lien amoureux ou amical véritable.

Et voilà comment on nous apprend que l’argent c’est mauvais, sale et qu’il vaut mieux éviter d’en avoir trop.

Je ne compte plus le nombre de personnes qui détestent l’argent, même inconsciemment (et dont je pense je fais partie). On aime tou·te·s avoir de l’argent sur notre compte bancaire, pouvoir avoir un certain confort, se faire plaisir aussi. Et pourtant j’entends régulièrement dire que l’argent corrompt, que les personnes qui en ont beaucoup sont vaniteuses, malhonnêtes, complètement hors des réalités. Je vois beaucoup de personnes, si talentueuses, qui ont peur de demander de l’argent pour leurs oeuvres/services/etc par crainte qu’on pense du mal d’elles, qu’on pense qu’elles essaient d’arnaquer, qu’elles n’ont que le fric en tête.

Je l’ai observé chez moi, et chez d’autres, cette idée si présente comme quoi l’argent serait quelque chose de mal en soi. Sauf que évidemment, rien n’est plus faux ! L’argent, ce n’est que de l’argent. Du métal, du papier, un chiffre sur un compte bancaire. On lui accorde beaucoup plus d’influence et de pouvoir qu’il n’en a en réalité sur notre être intérieur.
Et pareil pour nos relations: si certain·e·s proches décident de ne plus te parler parce que tu as de l’argent, c’est tout simplement que ces relations n’étaient pas faites pour durer. Et bien sûr que ça peut attirer des personnes intéressées, mais heureusement plus on grandit plus on sait facilement les reconnaître, et vas-tu vraiment t’empêcher de réussir juste parce que tu risques peut-être de voir affluer des gen·te·s avides ?

Alors oui, on en a des exemples de personnes riches qui font des dégâts, sont malhonnêtes, ne pensent qu’à acquérir plus de pouvoir et se fichent bien de l’avenir de la planète et de l’humanité.
Mais il y en a d’autres, de plus en plus, qui utilisent leur argent pour faire de belles choses, tenter d’aider le mieux possible, d’avoir un impact positif sur le monde.

Ma croyance profonde est que l’argent n’est ni bon ni mauvais, il n’a pas le pouvoir en soi de transformer une personne. Par contre il peut donner une nouvelle dimension à l’impact que tu auras: si tu te fous complètement de la nature et que ton truc c’est d’avoir le plus de possessions possibles, il y a des chances pour que tu utilises ton argent pour détruire des forêts et construire des villas à la place. Si tu es quelqu’un de très féministe, ton argent te permettra de créer des foyers pour femmes battues, des associations pour favoriser l’éducation dans les écoles, etc.

En gros ce qui compte ce n’est pas l’argent, c’est ce que tu vas faire avec. Ce n’est qu’un outil, rien de plus.
Et un outil très utile. Parce qu’il faut reconnaître que plus on en a, plus l’impact qu’on peut avoir sur le monde va être grand (on peut aider sans argent bien sûr, mais ça ne pourra pas être à la même échelle, forcément)

Qu’en penses-tu ? Est-ce que tu dirais que l’argent corrompt ? N’hésite pas à me partager ton expérience sur le sujet 🙂

Quand la spiritualité tue la planète

Quand la spiritualité tue la planète

Cet article a été repris d’une Newsletter que j’ai écrite il y a quelques semaines. Le message m’a semblé bien trop important pour ne pas être partagé et on m’a beaucoup encouragée à le diffuser plus largement. Je précise qu’il ne s’agit aucunement d’une attaque contre la communauté ésotérique, dont je suis fière de faire partie, mais de la mise en lumière de pratiques qui me posent de plus en plus problème. N’hésitez pas à partager, échanger en commentaires, rajouter d’autres sources si vous en avez 🙂

 

As-tu déjà entendu parler du palo santo? Il s’agit de bois utilisé en fumigation pour la purification et qui provient d’arbres sacrés en Amérique du Sud. Ca fait un moment que j’en vois un peu partout et j’avais vraiment envie d’essayer, en grande partie parce qu’on m’avait dit que c’est assez doux. Je me suis dit que ce serait une bonne alternative à la sauge que j’ai parfois un peu de mal à supporter à cause de l’odeur (je sais qu’on est plusieurs dans ce cas). Je n’ai en fait jamais eu l’opportunité de le faire, je n’ai pas vraiment de boutique ésotérique près de chez moi et ce n’était pas forcément une priorité, même si je gardais cette idée en tête.

Et puis j’ai écouté l’avis de certain·e·s pratiquant·e·s et là j’ai réalisé que wait… ça vient d’Amérique du Sud quand même… C’est pas tip top pour l’environnement toussa…

Je l’avoue, je ne m’étais pas penchée plus que ça sur le sujet. Après tout, on m’en vantait tellement les vertus !

J’aurais certainement oublié tout ça si un de mes contact Facebook n’avait pas partagé ce post il y a quelques semaines: https://www.facebook.com/marsea.amaniwindow/posts/10217910243731050

Pour les personnes qui ne comprennent pas l’Anglais, l’engouement de l’Occident pour le palo santo fait que ces arbres sont surexploités et conduit aujourd’hui à une déforestation massive. Sans compter que le palo santo, dans la tradition, ne peut être offert que par un chaman. C’est un arbre sacré qu’il est interdit de couper vivant. Les bâtons de palo santo utilisés pour la magie et la thérapie ne devraient être faits qu’à partir de bois tombé naturellement. Ce qui n’est évidement pas possible aujourd’hui, vu le train de la mode en Occident.
Toute le monde parle de Palo Santo et de ses propriétés, on ne voit que ça sur Instagram comme si c’était LE produit de fumigation ultime, avec la sauge blanche de Californie.

Et si on y pense, c’est un peu pareil pour tout: les bougies en paraffine qui flinguent littéralement l’environnement. Les encens, fabriqués avec des substances très chimiques et hautement cancérigènes pour certaines. Ou pire encore, les cristaux.

C’est vrai, on se demande jamais d’où viennent nos pierres. Pourtant en y réfléchissant, je me doute bien que les cristaux à bas prix de chez Cultura ne doivent pas être extraits de manière très propre (et oui, moi aussi j’en ai acheté un, tellement contente de trouver des cristaux près de chez moi et pas trop violents pour ma bourse).

J’ai fouillé un peu et j’ai découvert qu’en effet, il y a de quoi pleurer. Ce qui est le plus ressorti ce sont les mines illégales de Madagascar qui se multiplient et amènent du travail précaire dans des conditions extrêmement dangereuses, le travail des enfants et de la prostitution (source en bas de page). Sans compter que les méthodes d’extraction sont souvent très nocives pour l’environnement. La consommation de cristaux, comme tant d’autres choses devenues à la mode, se nourrit de la misère humaine sans que personne y trouve à redire, parce que voyons, c’est NA-TU-REL !

J’ai appris également que la plupart du temps, les pierres sont polies de manière industrielles par des machines, ce qui enlève une grande partie de leurs propriétés alors que le polissage devrait normalement s’effectuer à la main. Sauf que qui dit polissage à la main et dans de bonnes conditions dit tarif beaucoup plus élevé. Et le consumérisme n’aime pas trop beaucoup ça.

J’ai aussi pu lire que lorsque les pierres sont extraites dans des parties éloignées du globe (Asie, Afrique, Amérique du Sud, etc), il devient très difficile, voire impossible de pouvoir tracer précisément leur provenance et donc de s’assurer qu’elles ont été extraites dans des conditions éthiques et respectueuses.

 

Alors je sais combien c’est tentant ! Pour moi aussi d’ailleurs… Tout semble à notre disposition, à moindre coût. Il suffirait presque de tendre le bras pour obtenir ce dont on a besoin, sans fournir le moindre effort. Alors forcément, face à toute une panoplie d’objets, de pierres, de plantes tous plus jolis et exotiques les uns que les autres, comment résister à l’envie d’en posséder, encore et encore?

On dit vouloir pratiquer la magie, la spiritualité pour se rapprocher de la Nature, développer sa bienveillance envers soi et le monde. Alors pourquoi suit-on aveuglément les « modes » sans se soucier du mal qu’on peut faire ? Ce n’est pas parce que nous privilégions le naturel que ça rend nos actes, en l’occurence nos achats, moins nocifs pour la planète et les individus qui y vivent!
On ne va pas se mentir, la pratique spirituelle est souvent très autocentrée: on développe son intuition, son écoute, ses vibrations, ses capacités magiques (ce qui n’est pas quelque chose de mal en soi, loin de là!). Et si on sortait un peu le nez de notre nombril pour se rendre compte que certains de nos actes sont aussi dangereux et font autant de mal qu’acheter ses vêtements chez H&M et ne consommer que de la nourriture importée de l’autre bout du monde?

Surtout que ce sont des achats dont nous n’avons PAS BESOIN. Ce ne sont pas des produits de première nécessité, on achète ça parce que ça nous passionne, nous fait plaisir avant tout, parce que c’est un domaine que nous souhaitons explorer.

Pourquoi alors acheter du palo santo d’Amérique du Sud ou de la sauge blanche de Californie? Et si, au lieu de suivre les modes aveuglément, on regardait avant tout ce qui se trouve autour de nous? Il y a de nombreuses plantes aux propriétés très intéressantes qui poussent en France, et qu’on peut trouver très facilement en forêt, à la campagne, ou même en magasin bio.
Pourquoi a-t-on besoin d’avoir des dizaines de pierres à bas prix, alors qu’on pourrait en avoir trois ou quatre, mieux choisies, en prenant le temps de se renseigner sur leur provenance et les méthodes d’extraction? Ou même en acheter d’occasion? Ou ne pas en acheter du tout d’ailleurs, ce n’est pas une obligation pour pratiquer la magie.
A-t-on besoin d’avoir pleins de bougies de toutes les couleurs alors qu’on peut en fabriquer quelques unes soi-mêmes? (de préférence avec de la cire végétale hein)
A-t-on besoin de faire brûler constamment des encens industriels alors que c’est parfois plus nocif pour la santé que fumer des cigarettes et bien moins intéressant au niveau des propriétés que les plantes? (surtout qu’il est si facile de faire des mélanges de fumigation soi-même).

Je me rends de plus en plus compte à quel point il est incohérent de prétendre vouloir honorer la Terre par des pratiques magiques, quand parallèlement on donne notre argent pour la détruire encore plus.
Et que la surconsommation me semble en totale contradiction avec les pratiques magiques et spirituelles (en tout cas c’est mon ressenti).

Pour ma part je crois sincèrement que ce qui compte le plus en magie, c’est l’intention. Le matériel utilisé est important bien sûr, mais il s’agit avant tout d’un support pour la pratique.

En spiritualité et magie comme dans tous les autres domaines, consommer est un choix politique. Alors renseignons nous sur la provenance des objets et plantes, achetons moins et mieux, respectons la Terre dans nos actes comme nous nous engageons à le faire dans notre pratique.

Dans un prochain article, je reviendrai te partager des ressources et alternatives pour une pratique plus éthique 🙂 Mais en attendant n’hésite surtout pas à jeter un oeil aux formations « Protection et Purification » et « Plantes et Magies » proposées par Les Chroniques du Tarot, qui sont contiennent de multiples recettes et sont de véritables mines d’informations 🙂

 

Sources:
Sur les mines de Madagascar: https://fr.mongabay.com/2017/08/quarrive-t-il-apres-un-boom-minier-photographies-a-madagascar/
Sur les pierres précieuses: http://businessoffashion.blog.lemonde.fr/2014/07/04/la-route-sanglante-des-pierres-precieuses/
http://www.economiematin.fr/news-pierre-precieuse-diamant-prix-marche-augmentation-leco
Sur les plantes: https://unitedplantsavers.org/essential-and-carrier-oil-bearing-plants-conservation-consciousness/?fbclid=IwAR1LMPNPpOQln9a1d7OABA5HqSvdaeB1mhQ8PcJojnlZISmJaFtNR9860l4
Sur les encens et bougies: https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/les-bougies-parfumees-et-l-encens-sont-a-consommer-avec-moderation_2372415.html
http://www.leparisien.fr/societe/l-encens-plus-nocif-encore-que-le-peripherique-parisien-pour-votre-sante-14-09-2017-7258857.php

L’arnaque des Bullshit Jobs

L’arnaque des Bullshit Jobs

Ca fait sacrément longtemps que je n’ai pas écrit, et ça m’a évidemment beaucoup manqué ! Je ne vais pas te promettre d’écrire plus régulièrement, ça se fera vraiment selon mes envies, mon temps et mon inspiration. Je n’ai plus du tout envie de me mettre de contrainte de ce côté là et de m’obliger à écrire aussi souvent que je le faisais à un moment.

 

Il y a quelques semaines, j’étais à l’aéroport, prête à m’envoler pour Prague. Vu que comme souvent, j’avais prévu bien large sur le temps, je me suis retrouvée à parcourir les magazines disponibles. C’est comme ça que je suis tombée sur un article de Society sur les Bullshit jobs.

Si tu n’en as jamais entendu parler, les Bullshit jobs, traduits en français par « Jobs à la con » sont des emplois souvent occupés par des salariés qualifiés, même cadres, qui semblent n’avoir aucun sens ni aucun but pour ces derniers (par exemple remplir des fichiers Excel toute la journée). D’ailleurs celleux qui les occupent disent typiquement que si jamais leur poste disparaissait du jour au lendemain, ça ne changerait strictement rien pour personne. Certains de ces emplois sont même totalement absurdes, voire ont plutôt tout d’une punition. L’autrice de l’article prenait notamment l’exemple d’un homme engagé pour assurer la sécurité d’une salle de musée qui était en fait totalement vide et où personne ne passait jamais. Non seulement il était condamné à rester là seul toute la journée, mais en plus il n’avait ni le droit à son téléphone, ni à un livre ou quoique ce soit pour s’occuper. Une forme particulièrement élaborée de torture si tu veux mon avis.

J’avais déjà entendu parler des bullshit jobs, mais l’article allait plus loin que ce que j’avais vu auparavant, notamment en fournissant de nombreux témoignages assez dingues de personnes occupant ce type de postes.

Il y avait un homme qui estimait son temps effectif de travail à deux heure par jour.
Un autre qui aurait pu faire en 45 minutes son travail, mais qui le laissait trainer des semaines pour justifier d’avoir à faire quelque chose. Il racontait que son supérieur gardait son poste pour justifier d’avoir une grosse équipe, pour avoir plus de sous et des projets plus intéressants.
Une femme qui se retrouvait à devoir faire la communication entre ses collègues, jusqu’à l’absurde: une personne dans une filiale à l’autre bout de la France l’appelait pour qu’elle passe un message à un collègue qui se situait en fait à quelques mètres de lui.

Toutes ces personnes se demandaient à quoi elles servaient dans leur entreprise. Et ce qui m’a le plus frappée, c’est la culpabilité qu’elles ressentaient, notamment vis à vis de leurs salaires. Parce qu’on parle de postes « à hautes responsabilités », et donc des salaires qui vont avec. La culpabilité par rapport à un professeur, payé si peu mais tellement indispensable à la société. La culpabilité par rapport à un ouvrier qui porte des charges lourdes huit heures par jour pour un SMIC. L’un d’entre eux, qui se formaient en parallèle pour ouvrir une ferme de permaculture, disait également que ce projet l’aidait beaucoup à se sentir moins coupable vis à vis du salaire qu’il gagnait « à ne rien faire ».

J’ai pu vraiment ressentir le malêtre de ces personnes, qui avaient clairement l’impression qu’on leur avait menti. Ils avaient tout fait dans les règles: les études, le CDI, le bon job avec un bon salaire, la reconnaissance sociale. Et pourtant, au lieu de l’accomplissement, ils se retrouvaient en retour avec l’impression d’une vie vide de sens, sans but, le sentiment d’être inutile.

C’est ce qu’on m’avait dit, à moi aussi. Je sais que mes parents auraient préféré à une certaine époque que je fasse une école de commerce, d’ingénieur, etc. Ca aurait clairement été plus rassurant pour eux, que je suive cette route. Et peut-être que ça aurait marché pour moi, heureusement tou·te·s les étudiant·e·s issu·e·s de ces écoles ne se retrouvent pas dans des bullshit jobs ! Pour certains, il s’agit d’une passion, d’une envie profonde, d’un vrai choix, fait consciemment. Mais pour trop encore, c’est un choix par défaut, parce qu’on nous a dit que « c’est comme ça qu’il faut faire ».

Quand je vois l’absurdité de ces postes, la manière dont tout cet argent est jeté par les fenêtres, et surtout la souffrance que ça apporte, je me dis qu’il y a un vrai problème dans notre société (en fait je me dis ça tous les jours xD). Heureusement c’est en train de changer ! De plus en plus de personnes finissent par tout plaquer, par changer de vie en suivant cette fois leurs vraies envies, et heureusement ! D’ailleurs on estime à 4 en moyenne le nombre d’orientations différentes qu’aura une personne de la génération des millennials dans sa vie (j’ai déjà explosé le compteur, oups xD). Il n’empêche que c’est beaucoup d’années de perdues (même si ok, il y a toujours à apprendre, mais bon…), de la souffrance, des doutes, parfois même des dépressions, burn out, ou plutôt bore out dans le cas des bullshit jobs.

Et il y a encore bien trop de personnes qui en souffrent, qui ne parviennent pas à tout lâcher, à quitter leur emploi. Parce qu’on va pas se mentir, c’est difficile, quand tout le monde te dit sans arrêt à quel point tu as de la chance d’avoir un CDI, que tu es privilégié·e, que tu as peut-être une famille qui compte sur toi.

C’est aussi très symptomatique de notre société: une société où on jette de l’argent par les fenêtre en embauchant des gen·te·s pour remplir des fonctions qui ne servent absolument à rien, quand d’autres, qui sont essentielles, n’offrent à celleux qui les occupent qu’un salaire misérable et aucune reconnaissance sociale, voire le mépris de la société. L’argent à tout prix.

Pourtant, j’ai peu à peu l’impression que tout ça est en train de bouger doucement: je vois de plus en plus de personnes se lancer soit dans des entreprises qui leur tiennent à coeur, ou dans des jobs pour lesquels elles trouvent un véritables sens. De plus en plus de personnes se remettent en question et surtout remettent en question le système dans lequel elles évoluent. Quand je vois tout·e·s ces entrepreneurs·ses qui se lancent pour faire de ce monde un endroit un peu meilleur, ça me fait chaud au coeur (et oui je sais bien que malheureusement ce n’est pas le cas de tou·te·s, mais je suis une optimiste, que veux-tu).

En tout cas j’aimerais beaucoup avoir ton opinion sur le sujet ! Qu’est-ce que ce sujet t’évoque ? Est-ce quelque chose que tu as connu ou que tu connais actuellement ? Si c’est le cas, comment le vis-tu ? N’hésite pas à me le dire en commentaires 😃

 

P.S.: Si tu as besoin d’un coup de pouce pour t’aider dans ta mission de vie, je propose des tirages de tarots et guidances personnalisés afin de répondre à tes questions et de te guider sur ton chemin: http://lasorciererouge.com/services/guidance-des-tarots/

Pourquoi notre sexualité devrait-elle être honteuse ?

Pourquoi notre sexualité devrait-elle être honteuse ?

Il y a quelques jours, j’ai réalisé que je n’avais encore jamais vraiment parlé de sexualité ici, ou du moins très rarement. Pourtant, c’est un sujet qui m’intéresse énormément et qui est très lié au féminisme.

Si je t’en parle aujourd’hui, c’est parce qu’hier soir j’ai terminé le livre Ainsi soit-elle de Benoîte Groult, considéré par beaucoup comme un « classique » du féminisme. Il a été publié pour la première fois en 1975, et c’est assez triste de constater que même si le contexte social et politique n’est plus tout à fait le même, son contenu est dans l’ensemble toujours d’actualité.

Dans ce livre, Benoîte Groult parle justement beaucoup de sexualité et de la manière dont pendant des siècles, les femmes ont été privées de la possibilité de jouir de leur corps, que ce soit par les pressions psychologiques, la honte qu’on les poussait à avoir de leur corps, les mutilations physiques, les obligations sociales qu’on leur imposait. Ca allait du péché orginel, à Freud pour qui le phallus était le maître du monde, à la pornographie littéraire et filmographique faite par et pour des hommes, où les femmes sont la majeure partie du temps objectifiées, humiliées, violentées (il faudra que je fasse un article pour parler de pornographie un jour). La légalisation de la contraception a été le début d’une véritable libération, de la possibilité d’avoir une vie sexuelle sans qu’elle soit forcément destinée à la reproduction.

C’était en 1975, nous sommes en 2018. Et même si les choses ont changé, on ne va pas se mentir, c’est toujours pas la totale fête du slip. La pression qui pèse sur la sexualité des femmes est toujours présente, ainsi que la honte qui va avec, à l’époque du slut shaming et du revenge porn (entre autres). S’il est en général admis que nos organes sexuels ne servent plus uniquement à la reproduction, que nous sommes libres d’avoir de multiples partenaires et de ne jamais nous marier si ça nous chante (en tout cas en France), le poids de la honte continue de peser sur la sexualité des femmes.

C’est un tabou, on en parle pas, et la gêne et la honte demeure, ce qui mène bien souvent à des vies sexuelles peu épanouissantes, voire de vraies mises en danger quand on ne nous a pas vraiment appris qu’on peut dire non, et que nos non doivent être entendus et pris en compte.

On ne nous dit pas vraiment qu’il est possible de parler de sexualité de manière décomplexée, que c’est un sujet au final totalement courant et banal puisque tout le monde ou presque l’expérimente un jour. Et surtout on ne nous dit pas qu’il est possible d’apprendre comment se faire plaisir, à expérimenter.

Du coup j’aimerais te parler du programme Osez votre intimité de Marie Anne, créatrice de @womanlyours. J’ai eu la chance de travailler un peu sur le lancement et d’échanger avec elle sur son message. Elle m’a parlé de son désir de décomplexer la sexualité, d’en parler librement sans tabou, sans censure, d’apprendre aux femmes comment découvrir leur intimité, dépasser leurs blocages, accéder au plaisir et à l’orgasme, seules et avec leur partenaire. Le tout dans un environnement safe et bienveillant.

Si je t’en parle, c’est parce que je trouve ce programme tellement important, et même d’utilité publique ! Il existe malheureusement trop peu d’initiatives de ce genre, alors que la sexualité est quelque chose qui fait partie de nos vies de femmes, qui ne devrait être ni honteux, ni tabou. .
Si tu souhaites découvrir ce programme, je t’invite à aller voir la page de présentation ici: https://womanlyours.kneo.me/c/be71ie/64482j (ceci est un lien affilié, je recevrai une commission si tu t’inscris par ce biais, sans que ça te coûte plus cher). En plus si tu t’inscris d’ici dimanche soir, tu bénéficies de 100€ offerts avec le code promo ose2018.
Et en payant en une fois, tu bénéficieras d’un mois de coaching offert avec Marie Anne !!

En tout cas, je te conseille vivement d’aller faire un tour du côté de ses articles, qui sont vraiment intéressants et instructifs. J’y ai appris plein de trucs pour ma part !

Tu peux me dire ce que tu penses de tout ça en commentaire. La sexualité féminine est quelque chose que j’aimerais bien aborder plus souvent, donc si tu as une réflexion ou expérience que tu aimerais partager, n’hésite pas !

On nous a volé nos règles

On nous a volé nos règles

La semaine dernière, un groupe d’entrepreneuses a décidé de consacrer sept jours, sept articles aux règles… et c’est si cool ! Je trouve tellement génial qu’on parle de plus en plus de ce sujet, qui est un peu un de mes sujets préférés de l’univers (si tu veux tout savoir, c’est même de là que vient le « rouge » de mon nom de marque)

Parmi ces entrepreneuses, il y a Maude de Maudus, une femme tellement inspirante, mais aussi une de mes clientes. En relisant son article, j’ai pu voir tout à la fin une invitation adressée aux lectrices qui le souhaitent à s’exprimer à leur tour sur le sujet. Du coup je décide de répondre à l’invitation et de me lancer !! J’ai hésité sur l’angle sous lequel aborder ce sujet. J’en avais deux de prédilection: un angle spirituel et axé développement personnel, ou l’angle social et féministe.

Et puis, une fois de plus, je suis tombée sur une publication parlant de Chaupadi dans mon fil d’actualité.

Chaupadi, ce n’est pas une personne, mais une tradition népalaise qui touche les femmes: lorsqu’elles ont leurs règles, elles sont tout simplement exclues de la société de leur village. Elles n’ont pas le droit d’entrer dans la maison, ni de toucher à la nourriture, qu’elles pourraient selon cette croyance, contaminer. Elles sont réduites à dormir dehors, dans des abris ou dépendances de fortune. Certaines meurent de froid, de maladie, d’incendies dus à l’insalubrité des lieux, ou même se font dévorer par des animaux. Chaupadi a été interdit par le gouvernement népalais, mais reste pratiqué dans certains villages.

Une tradition barbare, comme il en existe bien d’autres, partout dans le monde.

En Iran, selon une étude, 48% des jeunes filles pensent que les règles sont une maladie.
En Afghanistan, on laisse croire aux femmes qu’elles ne doivent pas se laver pendant leurs règles. Elles n’ont aucun accès aux produits d’hygiène pendant leurs menstruations et sont exposées à des risques d’infections.
En Ouganda, les protection hygiéniques sont si chères que beaucoup de femmes ne peuvent pas se les offrir et utilisent des bouts de tissu, des plantes, ou des vieux papiers dans leurs sous-vêtements. Là encore les risques d’infections sont nombreux… Je pourrais continuer longtemps.

En France, on peut se dire qu’on est plutôt vernies quand on voit la situation des femmes dans d’autres pays. Et pourtant, notre société patriarcale a clairement construit la manière dont nous percevons et vivons nos règles.

Dans la religion chrétienne, les règles sont traditionnellement vues comme une souillure issue du péché originel et dont chaque femme a hérité.
Et ils faut croire qu’après quelques millénaires, les choses n’ont toujours pas changé puisque encore et toujours, nos règles sont associées à la honte.

La honte de la tâche de sang sur les vêtements. La honte lorsqu’on nous voit passer en caisse avec nos tampons au supermarché, surtout quand on est très jeune. La honte de devoir expliquer à notre mec que ce soir ça va pas être possible puisqu’on a nos règles. Avec la peur de le dégoûter en prime. Et puis ces situations qu’on a probablement toutes connues, où on s’aperçoit trop tard qu’il n’y a pas de poubelle dans les toilettes où on se trouve et qu’on se demande ce qu’on va bien pouvoir faire de notre serviette/tampon.

Mais il faut croire qu’on a raison d’avoir honte, puisqu’entre deux émissions montrant des scènes de meurtres ou agressions super violentes, on se retrouve avec une pub où les règles sont symbolisées par un liquide bleu, car cachez ce sang que je ne saurais voir ! Dernièrement, la marque Nana a enfin créé une publicité montrant du vrai sang (enfin un liquide qui y ressemble, pas vraiment du VRAI sang hein), pub qui a été censurée à la télé.

Ainsi on nous apprend que les règles doivent surtout rester cachées. On ne les nomme pas d’ailleurs, on préfère leur donner des petits surnoms sympa: les mickeys, les ragnagnas, les anglais débarquent, etc.

Non pas que ce soit mal de leur donner le nom qu’on veut, mais ça craint quand le nom des règles lui-même devient source de honte. Quand les règles, c’est un peu Celles-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.

Mais la honte ne s’arrête pas là. Que celle qui n’a jamais eu droit au fameux « Mais pourquoi tu t’énerves, t’as tes règles ou quoi ? » jette la première serviette hygiénique (mais pas usagée svp, restons civilisées). Tu es une femme. Donc tu as tes règles. Donc tu es une créature particulièrement émotive. Donc tu n’es pas ultra fiable. Et si tu t’énerves, ça veut tout simplement dire que tu as tes règles, ou que tu es émotive parce que tu es une femme qui a ses règles. Donc ta parole n’est pas vraiment valable.

Et voilà comment en quelques secondes, tu es discréditée, simplement pour avoir eu le malheur d’être née femme et d’avoir tes règles.

Et comme tu as tes règles, tu es parfois moins efficace. On ne peut pas tellement te confier de dossiers importants, tu es moins performante. Sisi.

Le monde du travail est régi par le patriarcat. On exige de nous qu’on soit performantes dans les mêmes domaines, de manière linéaire, tout le long du mois. Or les femmes sont cycliques: certains moments du mois sont propices à la créativité, aux idées, aux projets. D’autres aux activités de groupes, aux réunions, au séminaires. D’autres encore à la réflexion, la révision de ce qui a été fait avant.

Nous ne sommes ni moins performantes, ni moins efficaces que les hommes, bien au contraire. Nous avons seulement un fonctionnement qui peut être différent. Et ça, le monde du travail s’en fout éperdument.

Et la douleur, on en parle ? Autre sujet de honte fort sympathique. Ma main à couper que si les hommes avaient leurs règles, il y a bien longtemps qu’on aurait inventé tout un tas de traitements et méthodes efficaces pour remédier à la douleur.
Parce que la réponse, quand on se plaint d’avoir mal c’est souvent de l’ordre du sert les dents et attends que ça passe. Et tiens, un spasfon si vraiment tu pleurniches trop, et fiche moi la paix.

Dans beaucoup de cas, et heureusement, un spasfon suffit. Mais dans d’autres, la douleur est sérieusement insoutenable. Et c’est là que ça devient dangereux, quand cette douleur n’est pas prise au sérieux. C’est comme ça que des maladies comme l’endométriose sont si mal diagnostiquées. Parce que des personnes se sentent obligées de balancer à des jeunes filles en grande souffrance « c’est normal, sert les dents ça va passer ». La honte du sang, la honte d’être sale, la honte d’avoir mal. On continue ?

D’ailleurs le marketing nous aide. Sisi, en nous sortant tous les quatre matins la protection plus invisible qu’invisible, tout en étant plus absorbante qu’absorbante. Avec évidemment un système anti-odeur afin surtout qu’on évite d’offenser les narines d’innocents passant par là.

Ce qu’évidemment on oublie de nous dire de but en blanc, c’est qu’on va devoir casquer pour ces fameuses protections. C’est là que la fameuse taxe rose entre en jeu, un très joli supplément qui concerne les produits d’hygiène féminine.

Evidemment qu’ils en profitent: nous sommes un marché particulièrement juteux, tout simplement parce que les femmes ont, pour la plupart leurs règles. Les protections périodiques ne sont pas un caprice esthétique, mais une véritable nécessité. A moins de maitriser la méthode du flux instinctif (le fait de pouvoir retenir le sang à l’intérieur et l’évacuer en allant aux toilettes), tu en auras forcément besoin une grande partie de ta vie si tu es réglée. Et malheureusement, on ne peut pas dire que le marché des protections périodiques soit très varié; sous toutes ces innovations pour soi-disant rendre nos règles toujours moins gênantes et plus indétectables, on a en fait seulement le choix entre les tampons et les serviettes. Des produits qui coûtent très cher, puisqu’une femme dépensera en moyenne 1500 à 2000€ en protections périodiques au court de sa vie.

Mais la bonne nouvelle, c’est que pour ce prix tu gagnes en plus le droit de t’empoisonner, puisque les serviettes comme les tampons contiennent des produits toxiques. Leur composition est d’ailleurs gardée secrète par les fabricants qui refusent de la dévoiler sur les paquet. Oui, ça pue.

Un documentaire diffusé sur Arte (Tampons, notre ennemi intime) a mis en avant la dangerosité des tampons pour les femmes, plus forte encore que les serviettes, en plus d’être de véritables désastres écologiques. Je t’invite à le regarder si tu le peux, c’est extrêmement intéressant.

Heureusement depuis quelques années certains fabricants ont décidé d’innover pour la santé des femmes et l’environnement: tampons et serviettes bio, mais aussi serviettes lavables, cup, culottes périodiques. Bien évidemment, en trouver dans les supermarchés relève du parcours du combattant, en particulier en ce qui concerne les protections non jetables. Tu m’étonnes, le marché du jetable est si juteux, pourquoi l’abandonnerait-on ?

Depuis quelques mois, j’ai commencé à apprendre à renouer avec mon cycle, à le comprendre et à l’apprécier. Je me suis peu à peu reconnectée à mon corps et à ses différentes phases. J’ai découvert des sensations nouvelles, qui font maintenant partie de moi. Et j’apprends encore, tous les jours.

Je me sens apaisée dans ma relation à mon cycle. Mais je me sens aussi en colère, quand je pense à toutes ces années où on m’a fait me sentir honteuse de mes règles, où on m’a fait croire que c’était un mauvais moment à passer, que je devais les cacher. Je me sens en colère quand je pense à toutes ces femmes qui détestent avoir leurs règles au point d’être soulagées de se bourrer d’hormones en prenant la pilule en continu, sans savoir ce qu’elles perdent en retour. C’est ce qu’on nous a appris. Ce qu’on apprend encore à des millions de jeunes filles.

On nous vole nos règles. La société patriarcale nous a volé cette expérience si précieuse pour les femmes, qui peut être vécue de manière si positive, et en a fait au contraire un outil d’oppression supplémentaire. On ne nous apprend pas à comprendre notre corps, mais à en craindre une partie, à le trouver sale, impur, souillé, gênant une semaine par mois. On nous apprend que nos règles font de nous des hystériques et que nous devrions en avoir perpétuellement honte.

Pourtant, tes règles, c’est le signe que la vie circule en toi. C’est une manifestation de tes énergies féminines. C’est un phénomène beau, précieux, un moment tout particulier pour te reconnecter avec toi-même.

J’ai eu la possibilité de le faire. De lire des livres comme Lune Rouge de Miranda Gray, que je te conseille particulièrement. Comprendre comment fonctionne mon cycle, m’a aidée à l’apprivoiser, à l’apprécier, mais surtout à l’honorer. C’est un chemin parfois long, pas toujours évident, mais que tu peux suivre également, pour ton bien-être, pour une meilleure harmonie avec toi-même. Malheureusement, c’est un chemin que nous devons emprunter de nous même tout en déconstruisant tout ce qu’on nous a appris, toutes les normes sociales si ancrées en nous.

J’aimerais conclure cet article par quelque chose qui me tient très à coeur. Nous, en tant que femmes, sommes liées par cette expérience. J’ai la chance d’avoir eu la possibilité de réfléchir sur le sujet, de tester différents types de protections pour choisir la plus appropriée à ma santé et à l’environnement. Si tu lis cet article, c’est que tu as une connexion Internet, probablement un ordinateur, un toit sur la tête, et les moyens de t’acheter des protections périodiques régulièrement sans trop te soucier du prix.

Mais pour les femmes en situation de grande pauvreté, celles qui vivent dans la rue, la situation est bien pire. Le prix de ces produits les rends extrêmement difficiles d’accès pour elles, alors qu’on devrait les leur distribuer gratuitement (et à toutes les femmes d’ailleurs !). Tu as la possibilité de les aider: lors des collectes en supermarché, pense à ces produits que malheureusement tout le monde oublie. Certaines villes ont mis en place des points de collecte où tu peux déposer des paquets de serviettes, tampons et autres qui sont redistribués aux femmes SDF. Il existe aussi des initiative du Samu social et d’associations qui collectent ces produits, n’hésite pas à te renseigner dans ta ville.

Si tu veux t’informer encore sur le sujet, je t’invite à lire les articles de toutes les super nanas qui ont participé à la semaine #RougePower: Maude de Maudus, Lyvia Cairo, Mélissandre de Green Soul, Agathe de Agathe my bag, Tiphaine de Naturellement Imparfaite, Manon Godard et Carry de Héroines au quotidien. N’hésite pas à toi aussi écrire sur le sujet des règles si tu en as envie, il est plus que temps que notre parole se libère !

Prends soin de toi !