Money Talks #1 L’argent est-il mauvais?

Money Talks #1 L’argent est-il mauvais?

Je te le dis en toute honnêteté: j’ai des problèmes avec l’argent, qui se sont vraiment révélés dans toute leur splendeur lorsque je me suis lancée dans l’aventure entrepreneuriale. J’ai pu largement observer que je ne suis pas la seule. J’ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes et de faire une série d’articles sur le sujet. N’hésite surtout pas à me partager ton avis, ton expérience, je serais ravie d’en discuter avec toi !

 

Tout commence avec un homme, plus ou moins jeune. Il est riche, considère tout ce qu’il a comme acquis, est désabusé, parfois cynique, il ne croit en rien ou bien se prend pour le maître du monde. Souvent, il enchaine les conquêtes. Ses amis sont tous des hypocrites.
Et puis, un jour, une femme débarque, toujours jolie ça va sans dire, elle est pauvre mais elle a beaucoup de qualités de coeur. D’ailleurs tous les gens qui l’entourent sont sans chichi et bienveillants. Et oui, puisqu’elle est pauvre, elle connait le « vrai » monde, la « vraie » vie. Elle n’a pas été pervertie par l’argent facile, ELLE, elle connait la vraie valeur des choses et apprécie donc bien mieux la vie.
Ils se rencontrent de manière totalement incongrue. Au début il la trouve ridicule, et puis il finit par l’admirer parce qu’après tout, elle se bat si fort pour subvenir à ses besoins. Et il envie son bonheur, finissant finalement par comprendre que tout son argent l’empêchait d’être heureux (bah oui bien sûr) en plus de faire de lui un sale con. Du coup il largue ses potes et sa famille d’hypocrites, part s’installer avec elle dans son petit studio pour mener une vie plus simple. Mais pas bête la guêpe, il garde quand même ses sous histoire de pouvoir offrir à sa dulcinée un rêve quelconque qu’elle n’avait jamais pu se payer.

 

Cette histoire tu la connais probablement: c’est le scénario vu et revu de films, livres, séries télé. Souvent on a droit au mec riche-fille pauvre, mais parfois c’est l’inverse. Je te rassure c’est quand même l’homme qui vient à son secours, en la sauvant d’un mariage arrangé par exemple (cf Titanic).

Bref, toutes ces histoires visent à nous montrer une chose: être riche, c’est nul. Si t’as de l’argent, tu vas forcément devenir un·e horrible humain·e qui n’en a plus rien à foutre des autres, tu ne penseras qu’à acheter des trucs luxueux. Tu auras un boulot sans le moindre sens et aucun lien amoureux ou amical véritable.

Et voilà comment on nous apprend que l’argent c’est mauvais, sale et qu’il vaut mieux éviter d’en avoir trop.

Je ne compte plus le nombre de personnes qui détestent l’argent, même inconsciemment (et dont je pense je fais partie). On aime tou·te·s avoir de l’argent sur notre compte bancaire, pouvoir avoir un certain confort, se faire plaisir aussi. Et pourtant j’entends régulièrement dire que l’argent corrompt, que les personnes qui en ont beaucoup sont vaniteuses, malhonnêtes, complètement hors des réalités. Je vois beaucoup de personnes, si talentueuses, qui ont peur de demander de l’argent pour leurs oeuvres/services/etc par crainte qu’on pense du mal d’elles, qu’on pense qu’elles essaient d’arnaquer, qu’elles n’ont que le fric en tête.

Je l’ai observé chez moi, et chez d’autres, cette idée si présente comme quoi l’argent serait quelque chose de mal en soi. Sauf que évidemment, rien n’est plus faux ! L’argent, ce n’est que de l’argent. Du métal, du papier, un chiffre sur un compte bancaire. On lui accorde beaucoup plus d’influence et de pouvoir qu’il n’en a en réalité sur notre être intérieur.
Et pareil pour nos relations: si certain·e·s proches décident de ne plus te parler parce que tu as de l’argent, c’est tout simplement que ces relations n’étaient pas faites pour durer. Et bien sûr que ça peut attirer des personnes intéressées, mais heureusement plus on grandit plus on sait facilement les reconnaître, et vas-tu vraiment t’empêcher de réussir juste parce que tu risques peut-être de voir affluer des gen·te·s avides ?

Alors oui, on en a des exemples de personnes riches qui font des dégâts, sont malhonnêtes, ne pensent qu’à acquérir plus de pouvoir et se fichent bien de l’avenir de la planète et de l’humanité.
Mais il y en a d’autres, de plus en plus, qui utilisent leur argent pour faire de belles choses, tenter d’aider le mieux possible, d’avoir un impact positif sur le monde.

Ma croyance profonde est que l’argent n’est ni bon ni mauvais, il n’a pas le pouvoir en soi de transformer une personne. Par contre il peut donner une nouvelle dimension à l’impact que tu auras: si tu te fous complètement de la nature et que ton truc c’est d’avoir le plus de possessions possibles, il y a des chances pour que tu utilises ton argent pour détruire des forêts et construire des villas à la place. Si tu es quelqu’un de très féministe, ton argent te permettra de créer des foyers pour femmes battues, des associations pour favoriser l’éducation dans les écoles, etc.

En gros ce qui compte ce n’est pas l’argent, c’est ce que tu vas faire avec. Ce n’est qu’un outil, rien de plus.
Et un outil très utile. Parce qu’il faut reconnaître que plus on en a, plus l’impact qu’on peut avoir sur le monde va être grand (on peut aider sans argent bien sûr, mais ça ne pourra pas être à la même échelle, forcément)

Qu’en penses-tu ? Est-ce que tu dirais que l’argent corrompt ? N’hésite pas à me partager ton expérience sur le sujet 🙂

Pourquoi je ne veux plus être une graphiste pas chère.

Pourquoi je ne veux plus être une graphiste pas chère.

Depuis que je suis entrepreneuse, j’ai beaucoup évolué dans mon état d’esprit, ma manière d’aborder les clients, d’établir mes devis, etc. Je suis devenue sereine sur la plupart de ces points, mais il y en a vraiment un qui me pose souci et m’angoisse: fixer mes tarifs.

C’est à chaque fois plus ou moins la même chose. Quand j’énonce un tarif à un prospect, tarif qui me semblait juste sur le coup, je sens l’angoisse monter.
« Oh la la, mais c’est beaucoup trop cher ! »
« La personne n’acceptera jamais… »
« De qui je me moque, je n’ai pas encore beaucoup d’expérience, pour qui je me prend ? »

Parfois, je le reconnais, j’ai craqué. J’ai rajouté un « mais on peut toujours négocier », ou pire « nan mais pour ce prix là, ça ira aussi hein ». Sinon, je dois me faire violence pour ne rien faire et ne pas diviser le prix par 3 en attendant que la personne me réponde.

J’ai aussi du mal à demander de l’argent, même quand mes clientes paraissent contentes de mon travail (ce qui est en général le cas). Je traine souvent des pieds à faire mes factures. Je dois encore me faire violence quand il faut relancer, et parfois je n’ose même pas. J’ai beaucoup de mal à négocier.

Il y a toujours cette voix dans ma tête qui me fait: « mais après tout, c’est si facile pour toi, tu ne devrais pas recevoir autant d’argent », ou encore « Tu n’es pas légitime, BOUUUUUUH »

Oui j’ai un problème. Je suis très forte pour donner des conseils à ce sujet, mais quand il s’agit de moi, c’est une toute autre affaire. La tentation est grande de proposer toutes mes prestations au rabais afin de ne plus subir ce stress !! Et puis, il y a quelques jours, il s’est passé quelque chose qui m’a fait beaucoup réfléchir.

Je me suis fait couper les cheveux.

Euh ouais, le rapport ? me demandes-tu.

Attends j’y viens.

Si je décidais de ne vendre que des logos à 100€, je serais obligée d’en faire à la chaîne (et si tu trouves que 100€ pour un logo ça fait cher, je t’invite fortement à lire l’article de Iiwab Studio sur ce qui se cache derrière nos tarifs: http://iiwabstudio.com/graphiste-prix/). Je ne pourrais pas vraiment prendre en compte tes demandes, ni réviser, ni soigner pour que tu aies un logo le plus fini possible, qui te ressemble. Il faudrait passe vite vite au suivant, parce qu’il faut bien que je paie mon loyer.

On a ce qu’on paie. C’est ce que je dis toujours, et je le pense vraiment.
J’ai connu cette cliente qui voulait absolument dépenser le moins d’argent possible en accumulant notamment les stagiaires gratuits (donc avec très peu d’expérience). Le résultat est que pour réparer les dégâts, elle a dû payer plus cher que ce qu’elle aurait déboursé en acceptant de payer le prix juste au départ.
Vouloir payer moins cher parce que tu n’as pas trop de moyens à mettre là-dedans tout de suite, c’est okay, mais il faut accepter que le résultat ne sera peut-être pas à la hauteur de tes espérances.

Je ne suis pas la meilleure graphiste du monde. Je ne fais pas un travail absolument parfait et ça ne sera jamais le cas. Mais je veux que tu aies le meilleur possible. Je veux créer quelque chose qui soit en accord avec tes désirs et tes besoins, qui te permette de te sentir en phase avec ta marque. Je veux passer du temps pour que ta marque soit mise en valeur le mieux possible. Je veux te permettre de te faire connaître, de faire une différence dans le monde grâce à ton projet.

Payer le prix juste, c’est investir en toi et pour toi, mais aussi t’offrir les services d’une personne qui sera vraiment à ton écoute et passera le temps et l’énergie nécessaires pour que le résultat te corresponde, tout ça en lui donnant de la valeur pour son travail.

Je n’ai pas envie de faire un truc vite-fait, bâclé parce que je ne peux pas faire autrement si je veux remplir la marmite. En fait, ça ne m’intéresse pas. Je veux travailler pour des personnes qui ont suffisamment foi et confiance en leur business, en leu projet pour être prêtes à investir et faire ce qu’il faut pour que ça marche.

Alors je décide de prendre un engagement envers moi-même, que tu peux prendre aussi si tu es entrepreneur·se ou que tu vends un produit ou autre. Celui de ne plus me dévaloriser, de donner le prix juste pour moi, parce que c’est ce prix qui me permettra de faire le meilleur travail possible. Et s’il est trop élevé pour certain·e·s prospect·e·s, et bien tant pis, ce ne sont tout simplement pas mes client·e·s idéales·aux et ce n’est pas grave du tout, car refuser ce qui ne nous convient pas, c’est laisser la place pour ce qui nous inspire et nous parle.

N’hésite pas à me dire ce que tu en penses.

Et si on pouvait tout faire ?

Et si on pouvait tout faire ?

Aujourd’hui, j’ai envie de te parler d’une pensée que j’ai eue hier.

Depuis quelques temps, j’ai envie d’apprendre à tatouer. Hier soir, j’ai même commencer à regarder des vidéos Youtube et à lire des articles sur comment apprendre, le matériel, etc.

Et puis, pendant que je regardais tout ça, cette phrase m’est venue: « Mais tu ne vas pas ENCORE changer de carrière quand même ?? »

Derrière cette phrase, je vois ma mère. Les membres de ma famille. Certain.e.s ami.e.s qui acquiescent mais dont je sens encore l’incompréhension, comme s’iels n’arrivaient pas à me cerner.

Ce n’est pas quelque chose que j’invente de toutes pièces, je l’ai déjà vécu et à de nombreuses reprises. J’ai un parcours très éclectique et le jugement de mon entourage a longtemps été pour moi une source de complexes. Je ne vais pas revenir sur mon parcours, mais je l’ai expliqué en détail dans l’interview que j’avais faite pour Marie Guibouin (que tu peux trouver ici).

Je me sens plus en paix vis à vis de ça, vis à vis du fait que j’ai des intérêts multiples et l’envie de faire de nouvelles choses un peu tous les quatre matins. Mais le fait que j’ai encore ce genre de pensée montre bien que je ne suis pas tout-à-fait guérie.

J’ai peur de ce que mon entourage va penser.

Peur de rester toujours au même point et de ne jamais évoluer comme la plupart de mes ami.e.s qui suivent un plan de carrière.

Peur de m’éparpiller partout et de ne jamais arriver au bout de rien (mais c’est quoi le bout ?).

Pour que tu aies une idée, je te fais la liste de mes envies du moment (en plus de tout ce que je fais déjà):

– Apprendre le tatouage

– Suivre une formation de prof de yoga

– Suivre une formation en Ayurvéda

– Apprendre le concept art

Si je disais ça à voix haute dans ma famille, tout le monde me regarderait avec des yeux ronds en me disant, comme à une bonne petite fille, d’arrêter de dire n’importe quoi et d’être un peu réaliste.

Et quelque part ça se comprend: pour mes parents, on étudiait et on s’engageait dans un métier pour toute sa vie (ils ont un peu évolué là-dessus depuis). A la rigueur le changement était possible peut-être une fois, mais pas avant d’avoir un peu de bouteille dans sa première carrière. Aujourd’hui il est de plus en plus admis que la grande majorité des gentes auront plusieurs changements d’orientation au cours de leur vie.

 

Mais il n’empêche qu’il est toujours difficile de sortir de ce fameux parcours en ligne droite, avec évolutions et augmentations progressives. Je passe encore et toujours pour une extraterrestre aux yeux de mes proches et même si je le vis mieux, ça reste une situation qui parfois me pèse, surtout quand je subis ou me fais subir la comparaison avec d’autres personnes.

Et le pire c’est qu’en voulant apprendre tout ça, je ne me dis pas forcément « je veux une carrière là-dedans, je veux que ce soit mon métier. » Je n’y pense pas vraiment, j’ai simplement envie d’apprendre. J’ai envie d’enseigner le yoga, mais pas à temps plein. J’ai envie d’apprendre l’Ayurveda mais plutôt pour prendre soin de moi et de mes proches. J’ai envie d’apprendre le tatouage, mais si ça se trouve je vais seulement regarder des vidéos ou me contenter de tatouer des pommes de terre et ça me suffira. J’ai envie d’apprendre le concept art parce que je trouve ça cool et j’ai envie d’être une meilleure dessinatrice, sans forcément penser à un éventuel métier derrière.

Et là je me dis, pourquoi on ne pourrait pas tout faire ? Pourquoi je ne pourrais pas être graphiste-illustratrice-écrivaine-tatoueuse-prof de yoga-thérapeute ayurvédique ? Pourquoi tu ne pourrais pas être ingénieure-entrepreneuse-musicienne-championne de tir à l’arc ? Ou prof de sciences-mannequin-monitrice d’escalade-Youtubeuse-éleveuse de bergers allemands ?

Qui a décidé qu’on ne pourrait faire qu’une seule chose si on en a pas envie ? Qu’il serait impossible de tout faire ?

Je te laisse méditer sur la question.

Argent et création sont-ils compatibles ? (#payetonauteur)

Argent et création sont-ils compatibles ? (#payetonauteur)

Je ne sais pas si tu as entendu parler de la polémique #payetonauteur qui a fait rage depuis quelques semaines sur Internet. Pour te faire un résumé rapide, le Salon du Livre, refusait de payer ses auteur.rice.s pour leurs interventions, sous prétexte qu’il s’agissait de promotion. Il y avait un budget pour les plantes vertes, mais absolument aucun pour les auteur.rice.s (à part quelques un.e.s apparemment…).

Au terme d’un bras de fer, le Salon du livre, dans sa grande générosité, a finalement accepté de rémunérer les auteur.ice.s intervenant.e.s 150€. Mais pas celleux seulement en dédicace, faut pas pousser.

 

Je suis un peu tombée de ma chaise en apprenant ça. Si je t’en parle, c’est pour soulever un point que je trouve extrêmement problématique dans la manière dont on traite les créateur.rice.s.

Il y a cette histoire, il y a aussi les concours scandaleux lancés par certaines entreprises: « Vous nous faites un logo, on utilise le meilleur et comme ça ça lui fait de la pub parce qu’on est vraiment trop trop sympa tu vois » (Franchement, est-ce qu’on voit des concours de plombier.e.s ? Genre celui/celle qui répare le mieux une fuite d’évier est payé.e ? I don’t think so !)

Il y a les personnes qui vont être scandalisées, voire même parler d’escroquerie (?!!!!) en constatant qu’un tatouage, ou une illustration coûtent (parfois beaucoup) plus que 100€.

 

Ok, donc reprenons.

J’ai l’impression que dans l’esprit de beaucoup de gens/marques/institutions, créateur.rice = qui fait un truc qu’iel aime = qui gribouille dans son coin sans trop se fatiguer = qu’on a pas besoin de payer trop cher parce que de toute façon iel fait ça par passion et que ça lui fait plaisir.

Mais NON !!!

Un.e créateur.rice travaille. Créer c’est DUR. Ca demande du temps, de l’argent, de l’énergie.

C’est un vrai travail ! Même si ces personnes font quelque chose qu’elles aiment, même si elles sont passionnées, même si elles s’éclatent tellement qu’elles n’ont pas l’impression de bosser la plupart du temps, ça ne change rien. Tout travail mérite salaire, et le travail créatif ne fait pas exception, d’autant plus que tu paies pour une patte, un univers, un style.

Pour en revenir au Salon du Livre, personnellement, je ne m’y suis jamais rendue en me disant « Oh chouette, je vais pouvoir rencontrer mon éditeur.rice préféré.e ! ». Bien sûr c’est cool de parler à des éditeur.rice.s, mais si j’y vais, c’est avant tout pour rencontrer les auteur.rice.e que j’aime, leur parler, écouter leur expérience.

Ce sont les auteur.rices qui apportent de la valeur au Salon, et au reste d’ailleurs. Sans elleux, pas de livre, donc pas de maison d’édition, de librairie, de bibliothèque. Mais surtout pas d’évasion, pas d’imagination, pas de nourriture intellectuelle. Et pourtant leur travail est totalement dévalorisé, souvent précaire.

Ce serait bien que quelque part certain.e.s se rappellent que ce travail fait vivre toute une industrie et qu’il serait temps qu’on arrête de les exploiter en ne leur donnant en retour que des cacahuètes ou en les traitant d’escrocs dès qu’ils demandent un prix juste pour leur travail. La reconnaissance, la visibilité, la promotion, c’est bien beau mais en soi ça n’a jamais fait manger personne.

Comme tout le monde les créateur.rice.s ont besoin de payer leur loyer, leurs factures, leur mode de vie, et iels méritent de recevoir une juste valeur en retour de celle qu’iels offrent au monde.

J’en ai vraiment marre de cette image d’artiste crève-la-faim qu’on voit partout et même qu’on promeut. Marre de voir de talentueux.ses artistes, créateurs.rices, auteurs.rices être dévalorisé.e.s de cette manière et ne pas recevoir la juste valeur de leur travail.

Moi aussi pendant longtemps, j’ai pensé que mon travail ne valait rien. C’est tout juste si je ne m’excusais pas de demander de l’argent pour mes prestations. Et je me laissais souvent convaincre de faire des trucs gratuits parce que bon « ça me demande pas grand chose et ça fait plaisir et puis on sait jamais, peut-être que le.la client.e parlera de moi. »

Sauf que NON ! Tu apportes de la valeur, et tu as le droit de demander un prix juste pour toi et ton travail ! Ca ne fait pas de toi une voleuse, une arnaqueuse ou que sais-je. Et si les personnes face à toi ne sont pas prêtes à le comprendre, ce ne sont tout simplement pas tes client.e.s idéales.ux. Mais ne doute jamais que ton travail a de la valeur et apporte de la valeur à d’autres personnes, sinon elles ne te demanderaient rien. Tu fais une différence !

Prends bien soin de toi !

Espères-tu la validation?

Espères-tu la validation?

J’ai longtemps été quelqu’un qui n’aimait pas particulièrement les conflits.
J’ai le souvenir, petite fille, de l’autorité de ma mère et de la manière dont elle pouvait se mettre très en colère lorsque je faisais une bêtise, ou que je me comportais mal d’une manière ou d’une autre. Mes parents ne m’ont jamais punie, mais je savais que si je faisais quelque chose de mal, ou que j’avais une mauvaise note, je me ferais sacrément engueuler. En gros ça marchait un peu à la peur dans ces moments là.
Une psy que j’avais consultée il y a un peu plus d’un an avait conclu que j’avais peur des conflits et que je me plaçait instinctivement dans le rôle de la petite fille, que c’était pour cette raison que je tentais de faire plaisir à tout le monde.
En fait j’ai réalisé que ça va plus loin que ça: j’ai besoin de la validation d’autrui. Réaliser ça a expliqué beaucoup de choses de mes comportements passés et de mes relations, amicales comme amoureuses, mais aussi professionnelles. Je me souviens notamment de mon dernier job salarié: je n’aimais pas les tâches que je devais effectuer, je m’ennuyais et très honnêtement je me fichais du succès de la boite comme de ma première paire de chaussettes. Et pourtant, je ne pouvais m’empêcher d’avoir besoin qu’on trouve que je faisais du bon travail, que j’étais efficace, une bonne employée. Tout comme je me sentais réellement mal quand on me faisais une remarque plus négative (alors que, encore une fois, je n’étais absolument pas attachée à ce que je faisais et à l’endroit où je travaillais).
Pareil pour mes relations amoureuses: je voulais, j’avais besoin qu’on me voit comme la fille cool (si tu as lu/vu Gone Girl, tu sais de quoi je parle). J’avais besoin également qu’on valide mon couple, qu’il soit reconnu comme « un couple heureux », quelque chose de calqué sur un modèle que je me faisais dans ma tête (probablement construit par ce qu’on peut nous montrer dans la culture et les médias). Du coup je n’osais pas signifier mes désaccords, soulever le conflit, ou même juste être vraiment moi-même.
Bien évidemment, je n’avais aucune conscience de tout ça, j’agissais sans forcément comprendre ce qui m’y poussais.
Il y a un an et demi, j’ai découvert Lyvia Cairo (cours voir ce qu’elle fait si tu ne la connais pas encore!) et j’ai pu mettre un nom sur ce que j’avais: le syndrome de la bonne petite fille. J’avais ce besoin de faire plaisir, d’être reconnue comme « sage », qu’on me donne des bons points. Etre celle dont on admire le parcours, à table aux repas de famille. J’avais du mal à m’empêcher de faire ce qu’on attendait de moi, en m’auto-persuadant au passage que c’était ce que je voulais.
C’est quelque chose qui touche beaucoup de femmes, à divers degrés (je t’en reparlerai lorsque je traiterai de sexualité notamment). Sauf que lorsque ça se transpose à ta vie d’adulte, ça peut avoir des conséquences dramatiques. A force d’avoir besoin de la validation d’autrui, j’ai réalisé à quel point je m’empêchais de vivre ce que je voulais vraiment, et à quel point je me mettais des barrières, qui pour la plupart n’existaient en fait que dans ma tête.
C’est de moins en moins le cas. Mon besoin de validation a diminué en même temps que mon estime de moi a augmenté et que j’apprenais à mieux me connaitre, à décoincer mes croyances limitantes.
J’ai appris à ne plus accepter de rester avec quelque chose qui me chiffonne, qui m’énerve ou me frustre (de toute façon ça sort d’une manière ou d’une autre…) et j’apprends doucement mais sûrement à dire non quand j’ai juste pas envie de faire un truc. C’est pas forcément évident cette histoire, mais parfois il faut dire non à quelqu’un d’autre pour se dire oui à soi-même (aka la pensée philosophique du jour).
 
Le fait est que pour n’importe quel domaine que ce soit, personnel ou professionnel, la validation que tu attends risque fortement de ne jamais arriver. Personne ne va venir te taper sur l’épaule pour te dire « Hey, c’est bon tu peux y aller, tu as les capacités et le talent, ça y est. C’est le bon chemin. » A moins que tu le demandes expressément. Et encore.
Ceci dit, si ça peut t’aider, je te valide moi: c’est bon, vas-y, tu as tout ce qu’il faut. Si c’est la voie que tu veux, c’est celle que tu dois suivre.
Mais en vrai, la seule personne à pouvoir te valider, c’est toi-même. Personne d’autre n’a le pouvoir de le faire, même si tu en as l’impression. Et le secret, c’est que la plupart du temps, tu n’a besoin de personne pour faire exactement tout ce que tu veux (bon ok, si tu veux être chirurgienne il te faut quand même la validation d’un diplôme hein).
Malheureusement, le temps que tu passes à attendre gentiment que quelqu’un vienne te prendre par la main et t’envoyer là où tu dois aller, c’est du temps où tu reste bloquée dans une situation qui ne te convient pas, du temps où tu ne fais pas ce que tu veux. Où tu pourrais t’exercer, progresser, développer tes talents et les montrer au lieu de les retenir et d’en priver le reste du monde.
C’est un peu dommage non ? Hésite pas à partager ton rapport à tout ça, ou tes tips pour passer outre si tu en as, je suis preneuse!
Des poutous!
Nessy
 
P.S. : Viens me dire comment tu vas, ça fait longtemps!!
Sinon j’ai adopté un petit chat, tu peux voir sa bouille sur Instagram: https://www.instagram.com/nessy_ady/
Et j’ai tout plein de trucs sur le feu dont il faut qu’on cause. Je te laisse le suspense quand même.