J’ai un fantasme… (et c’est pas ce que tu crois)

J’ai un fantasme… (et c’est pas ce que tu crois)

Parfois, j’ai un fantasme complètement délirant, décadent même si on considère la société dans laquelle on vit.

Parfois, j’ai le fantasme de disparaitre d’un coup des réseaux sociaux pour ne jamais y revenir.

C’est quelque chose qui me trotte dans la tête tout particulièrement dernièrement. La dernière fois, je m’en souviens parfaitement, c’était il y a environ un an et demi. J’étais dans une relation avec un homme, une relation à distance. Il se trouve qu’il détestait parler au téléphone, ce qui fait que les messages sur WhatsApp étaient notre unique mode de communication. En un peu plus d’un mois, je n’ai réussi à le convaincre de faire qu’un seul appel.

Plus les semaines passaient, et plus j’avais l’impression de perdre de vue la personne. Le son de sa voix, ses expression, son rire, son visage. En gros, j’avais de plus en plus l’impression d’entretenir une relation avec mon téléphone. Les mots étaient des textos, la voix une sonnerie, les expressions des smileys. Lorsque la relation s’est terminée, je me suis sentie comme si j’étais en overdose. J’ai très sérieusement songé à me débarrasser de mon smartphone, ou plutôt à le mettre dans un tiroir et le ressortir seulement pour les voyages. J’avais même commencé à regarder les vieux téléphones portables sur le marché et comment je pouvais mettre mes apps sur l’ordi. Et finalement, ça m’a passé, j’ai décidé d’avoir une utilisation plus raisonnée du smartphone, et ça m’allait. Jusqu’à aujourd’hui.

Je ne sais pas si tu as vu le Diable s’habille en Prada. Dans le film (pas terrible, je te l’accorde) Andy travaille pour la terrible Miranda Prieslty et se retrouve à passer sa vie sur son téléphone pour satisfaire les exigences de sa boss. Et à la fin, en un geste libérateur, elle balance son portable dans une fontaine.

A l’époque, je trouvais terrible qu’Andy soit devenue à ce point esclave de sa patronne par l’intermédiaire du téléphone qui sonne sans arrêt, est toujours présent, même dans son intimité. Et pourtant, si je me regarde aujourd’hui, est-ce que vraiment ma situation est différente? D’accord, je n’ai pas de patron·ne, mais il faut croire que ça n’empêche pas mon smartphone d’avoir pris une place prépondérante dans ma vie. Que ça ne m’empêche pas non plus d’avoir cette impression d’être sans cesse sollicitée alors que je n’ai rien demandé.

Pourtant, je suis loin de ne trouver que des défauts aux réseaux sociaux: ça permet à des artistes, des porteurs·ses de projets, des militant·e·s et tant d’autres personnes d’avoir une voix et un impact qu’ils n’auraient sans doute pas eu sinon. On peut y relayer des informations que les médias rechignent à dévoiler, avoir accès à des réflexions qui nous font grandir, des événements qui nous révoltent. On peut y démarrer des révolutions, aider des personnes qui en ont besoin. Moi-même je les utilise beaucoup dans un but militant.

Et puis il n’y a pas que les applications: je ne compte plus le nombre de fois où mon GPS m’a sauvé la vie. J’adore mon application pour les règles qui me permet de suivre mes cycles, moi qui suis totalement tête en l’air quand il s’agit de les noter. Et puis il y a le côté si pratique de l’app Uber, de mon appli bancaire, et je ne parle même pas de celles de messagerie qui me permettent d’être en contact bien plus facilement avec mes proches.

Et pourtant, je ne peux pas m’empêcher d’avoir parfois cette impression d’être une marionnette entre les mains d’individus peu scrupuleux qui ont créé et dirigent ces machines, sans compter que personne ne sait vraiment ce qu’ils font de ce qu’on poste. Je ne peux pas m’empêcher de sentir ma valeur être rattachée, même un tout petit peu, aux nombres de likes et de commentaires (alors que pourtant j’ai plutôt confiance en moi). Tout en reconnaissant les bons côtés des réseaux sociaux, je m’en sens esclave.
Je vois bien aussi que je lis moins. Que je crée moins. Que je ne m’ennuie plus. Que parfois, en regardant certaines photos postées par d’autres, je me sens un peu moins bien. Que je peux même douter de mes objectifs. Que ça peut m’arriver de recevoir un commentaire de trolls, et de voir que ça me touche quand même un peu.

Les réseaux sociaux contribuent à nous formater et ont un impact sur notre capacité de concentration, notre créativité, notre estime de nous et bien d’autres choses. Plusieurs études l’ont montré, et je n’ai aucun mal à les croire. Surtout quand je vois les questions que je me pose, et que je vois d’autres se poser.
Pourquoi mon nombre d’abonnés stagne ?
Pourquoi autant de gens voient mes publications mais ne like pas ?
Pourquoi si peu de gens répondent aux sondages de mes stories ?
Est-ce que vous aimez mon contenu ? Quel type de contenu vous aimeriez voir sur mon compte/ma page ?

J’ai eu mon premier smartphone en septembre 2014, soit bien plus tard que la plupart des gens. Ca fait moins de 5 ans, et pourtant j’ai du mal à me souvenir de comment je faisais avant.

Parfois je brûle de faire comme Andy, jeter mon smartphone dans une fontaine et ne plus jamais en entendre parler (bon dans la vraie vie je le ferais recycler, c’est quand même mieux).
Sauf que comment je ferais pour le travail ? Comment je pourrais trouver des client·e·s ?
Me faire connaitre ? Partager tout ce qui me tient à coeur ?
Et toutes ces belles informations à côté desquelles je passerais ?
Et surtout, est-ce que je ne risquerais pas de perdre de vue mes proches ?

Je me doute que la solution la plus vivable serait certainement de simplement diminuer mon temps de présence sur les réseaux sociaux (surtout Insta). Sauf que quand on a développé une addiction (n’ayons pas peur des mots) ça n’a en fait rien de simple (si tu as des astuces je suis preneuses).

Mais je vais peut-être quand même récupérer un téléphone ancienne génération pour les moments où, comme maintenant, j’en ai vraiment trop marre 😄

Des poutous !

Money Talks #1 L’argent est-il mauvais?

Money Talks #1 L’argent est-il mauvais?

Je te le dis en toute honnêteté: j’ai des problèmes avec l’argent, qui se sont vraiment révélés dans toute leur splendeur lorsque je me suis lancée dans l’aventure entrepreneuriale. J’ai pu largement observer que je ne suis pas la seule. J’ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes et de faire une série d’articles sur le sujet. N’hésite surtout pas à me partager ton avis, ton expérience, je serais ravie d’en discuter avec toi !

 

Tout commence avec un homme, plus ou moins jeune. Il est riche, considère tout ce qu’il a comme acquis, est désabusé, parfois cynique, il ne croit en rien ou bien se prend pour le maître du monde. Souvent, il enchaine les conquêtes. Ses amis sont tous des hypocrites.
Et puis, un jour, une femme débarque, toujours jolie ça va sans dire, elle est pauvre mais elle a beaucoup de qualités de coeur. D’ailleurs tous les gens qui l’entourent sont sans chichi et bienveillants. Et oui, puisqu’elle est pauvre, elle connait le « vrai » monde, la « vraie » vie. Elle n’a pas été pervertie par l’argent facile, ELLE, elle connait la vraie valeur des choses et apprécie donc bien mieux la vie.
Ils se rencontrent de manière totalement incongrue. Au début il la trouve ridicule, et puis il finit par l’admirer parce qu’après tout, elle se bat si fort pour subvenir à ses besoins. Et il envie son bonheur, finissant finalement par comprendre que tout son argent l’empêchait d’être heureux (bah oui bien sûr) en plus de faire de lui un sale con. Du coup il largue ses potes et sa famille d’hypocrites, part s’installer avec elle dans son petit studio pour mener une vie plus simple. Mais pas bête la guêpe, il garde quand même ses sous histoire de pouvoir offrir à sa dulcinée un rêve quelconque qu’elle n’avait jamais pu se payer.

 

Cette histoire tu la connais probablement: c’est le scénario vu et revu de films, livres, séries télé. Souvent on a droit au mec riche-fille pauvre, mais parfois c’est l’inverse. Je te rassure c’est quand même l’homme qui vient à son secours, en la sauvant d’un mariage arrangé par exemple (cf Titanic).

Bref, toutes ces histoires visent à nous montrer une chose: être riche, c’est nul. Si t’as de l’argent, tu vas forcément devenir un·e horrible humain·e qui n’en a plus rien à foutre des autres, tu ne penseras qu’à acheter des trucs luxueux. Tu auras un boulot sans le moindre sens et aucun lien amoureux ou amical véritable.

Et voilà comment on nous apprend que l’argent c’est mauvais, sale et qu’il vaut mieux éviter d’en avoir trop.

Je ne compte plus le nombre de personnes qui détestent l’argent, même inconsciemment (et dont je pense je fais partie). On aime tou·te·s avoir de l’argent sur notre compte bancaire, pouvoir avoir un certain confort, se faire plaisir aussi. Et pourtant j’entends régulièrement dire que l’argent corrompt, que les personnes qui en ont beaucoup sont vaniteuses, malhonnêtes, complètement hors des réalités. Je vois beaucoup de personnes, si talentueuses, qui ont peur de demander de l’argent pour leurs oeuvres/services/etc par crainte qu’on pense du mal d’elles, qu’on pense qu’elles essaient d’arnaquer, qu’elles n’ont que le fric en tête.

Je l’ai observé chez moi, et chez d’autres, cette idée si présente comme quoi l’argent serait quelque chose de mal en soi. Sauf que évidemment, rien n’est plus faux ! L’argent, ce n’est que de l’argent. Du métal, du papier, un chiffre sur un compte bancaire. On lui accorde beaucoup plus d’influence et de pouvoir qu’il n’en a en réalité sur notre être intérieur.
Et pareil pour nos relations: si certain·e·s proches décident de ne plus te parler parce que tu as de l’argent, c’est tout simplement que ces relations n’étaient pas faites pour durer. Et bien sûr que ça peut attirer des personnes intéressées, mais heureusement plus on grandit plus on sait facilement les reconnaître, et vas-tu vraiment t’empêcher de réussir juste parce que tu risques peut-être de voir affluer des gen·te·s avides ?

Alors oui, on en a des exemples de personnes riches qui font des dégâts, sont malhonnêtes, ne pensent qu’à acquérir plus de pouvoir et se fichent bien de l’avenir de la planète et de l’humanité.
Mais il y en a d’autres, de plus en plus, qui utilisent leur argent pour faire de belles choses, tenter d’aider le mieux possible, d’avoir un impact positif sur le monde.

Ma croyance profonde est que l’argent n’est ni bon ni mauvais, il n’a pas le pouvoir en soi de transformer une personne. Par contre il peut donner une nouvelle dimension à l’impact que tu auras: si tu te fous complètement de la nature et que ton truc c’est d’avoir le plus de possessions possibles, il y a des chances pour que tu utilises ton argent pour détruire des forêts et construire des villas à la place. Si tu es quelqu’un de très féministe, ton argent te permettra de créer des foyers pour femmes battues, des associations pour favoriser l’éducation dans les écoles, etc.

En gros ce qui compte ce n’est pas l’argent, c’est ce que tu vas faire avec. Ce n’est qu’un outil, rien de plus.
Et un outil très utile. Parce qu’il faut reconnaître que plus on en a, plus l’impact qu’on peut avoir sur le monde va être grand (on peut aider sans argent bien sûr, mais ça ne pourra pas être à la même échelle, forcément)

Qu’en penses-tu ? Est-ce que tu dirais que l’argent corrompt ? N’hésite pas à me partager ton expérience sur le sujet 🙂

Quand la spiritualité tue la planète

Quand la spiritualité tue la planète

Cet article a été repris d’une Newsletter que j’ai écrite il y a quelques semaines. Le message m’a semblé bien trop important pour ne pas être partagé et on m’a beaucoup encouragée à le diffuser plus largement. Je précise qu’il ne s’agit aucunement d’une attaque contre la communauté ésotérique, dont je suis fière de faire partie, mais de la mise en lumière de pratiques qui me posent de plus en plus problème. N’hésitez pas à partager, échanger en commentaires, rajouter d’autres sources si vous en avez 🙂

 

As-tu déjà entendu parler du palo santo? Il s’agit de bois utilisé en fumigation pour la purification et qui provient d’arbres sacrés en Amérique du Sud. Ca fait un moment que j’en vois un peu partout et j’avais vraiment envie d’essayer, en grande partie parce qu’on m’avait dit que c’est assez doux. Je me suis dit que ce serait une bonne alternative à la sauge que j’ai parfois un peu de mal à supporter à cause de l’odeur (je sais qu’on est plusieurs dans ce cas). Je n’ai en fait jamais eu l’opportunité de le faire, je n’ai pas vraiment de boutique ésotérique près de chez moi et ce n’était pas forcément une priorité, même si je gardais cette idée en tête.

Et puis j’ai écouté l’avis de certain·e·s pratiquant·e·s et là j’ai réalisé que wait… ça vient d’Amérique du Sud quand même… C’est pas tip top pour l’environnement toussa…

Je l’avoue, je ne m’étais pas penchée plus que ça sur le sujet. Après tout, on m’en vantait tellement les vertus !

J’aurais certainement oublié tout ça si un de mes contact Facebook n’avait pas partagé ce post il y a quelques semaines: https://www.facebook.com/marsea.amaniwindow/posts/10217910243731050

Pour les personnes qui ne comprennent pas l’Anglais, l’engouement de l’Occident pour le palo santo fait que ces arbres sont surexploités et conduit aujourd’hui à une déforestation massive. Sans compter que le palo santo, dans la tradition, ne peut être offert que par un chaman. C’est un arbre sacré qu’il est interdit de couper vivant. Les bâtons de palo santo utilisés pour la magie et la thérapie ne devraient être faits qu’à partir de bois tombé naturellement. Ce qui n’est évidement pas possible aujourd’hui, vu le train de la mode en Occident.
Toute le monde parle de Palo Santo et de ses propriétés, on ne voit que ça sur Instagram comme si c’était LE produit de fumigation ultime, avec la sauge blanche de Californie.

Et si on y pense, c’est un peu pareil pour tout: les bougies en paraffine qui flinguent littéralement l’environnement. Les encens, fabriqués avec des substances très chimiques et hautement cancérigènes pour certaines. Ou pire encore, les cristaux.

C’est vrai, on se demande jamais d’où viennent nos pierres. Pourtant en y réfléchissant, je me doute bien que les cristaux à bas prix de chez Cultura ne doivent pas être extraits de manière très propre (et oui, moi aussi j’en ai acheté un, tellement contente de trouver des cristaux près de chez moi et pas trop violents pour ma bourse).

J’ai fouillé un peu et j’ai découvert qu’en effet, il y a de quoi pleurer. Ce qui est le plus ressorti ce sont les mines illégales de Madagascar qui se multiplient et amènent du travail précaire dans des conditions extrêmement dangereuses, le travail des enfants et de la prostitution (source en bas de page). Sans compter que les méthodes d’extraction sont souvent très nocives pour l’environnement. La consommation de cristaux, comme tant d’autres choses devenues à la mode, se nourrit de la misère humaine sans que personne y trouve à redire, parce que voyons, c’est NA-TU-REL !

J’ai appris également que la plupart du temps, les pierres sont polies de manière industrielles par des machines, ce qui enlève une grande partie de leurs propriétés alors que le polissage devrait normalement s’effectuer à la main. Sauf que qui dit polissage à la main et dans de bonnes conditions dit tarif beaucoup plus élevé. Et le consumérisme n’aime pas trop beaucoup ça.

J’ai aussi pu lire que lorsque les pierres sont extraites dans des parties éloignées du globe (Asie, Afrique, Amérique du Sud, etc), il devient très difficile, voire impossible de pouvoir tracer précisément leur provenance et donc de s’assurer qu’elles ont été extraites dans des conditions éthiques et respectueuses.

 

Alors je sais combien c’est tentant ! Pour moi aussi d’ailleurs… Tout semble à notre disposition, à moindre coût. Il suffirait presque de tendre le bras pour obtenir ce dont on a besoin, sans fournir le moindre effort. Alors forcément, face à toute une panoplie d’objets, de pierres, de plantes tous plus jolis et exotiques les uns que les autres, comment résister à l’envie d’en posséder, encore et encore?

On dit vouloir pratiquer la magie, la spiritualité pour se rapprocher de la Nature, développer sa bienveillance envers soi et le monde. Alors pourquoi suit-on aveuglément les « modes » sans se soucier du mal qu’on peut faire ? Ce n’est pas parce que nous privilégions le naturel que ça rend nos actes, en l’occurence nos achats, moins nocifs pour la planète et les individus qui y vivent!
On ne va pas se mentir, la pratique spirituelle est souvent très autocentrée: on développe son intuition, son écoute, ses vibrations, ses capacités magiques (ce qui n’est pas quelque chose de mal en soi, loin de là!). Et si on sortait un peu le nez de notre nombril pour se rendre compte que certains de nos actes sont aussi dangereux et font autant de mal qu’acheter ses vêtements chez H&M et ne consommer que de la nourriture importée de l’autre bout du monde?

Surtout que ce sont des achats dont nous n’avons PAS BESOIN. Ce ne sont pas des produits de première nécessité, on achète ça parce que ça nous passionne, nous fait plaisir avant tout, parce que c’est un domaine que nous souhaitons explorer.

Pourquoi alors acheter du palo santo d’Amérique du Sud ou de la sauge blanche de Californie? Et si, au lieu de suivre les modes aveuglément, on regardait avant tout ce qui se trouve autour de nous? Il y a de nombreuses plantes aux propriétés très intéressantes qui poussent en France, et qu’on peut trouver très facilement en forêt, à la campagne, ou même en magasin bio.
Pourquoi a-t-on besoin d’avoir des dizaines de pierres à bas prix, alors qu’on pourrait en avoir trois ou quatre, mieux choisies, en prenant le temps de se renseigner sur leur provenance et les méthodes d’extraction? Ou même en acheter d’occasion? Ou ne pas en acheter du tout d’ailleurs, ce n’est pas une obligation pour pratiquer la magie.
A-t-on besoin d’avoir pleins de bougies de toutes les couleurs alors qu’on peut en fabriquer quelques unes soi-mêmes? (de préférence avec de la cire végétale hein)
A-t-on besoin de faire brûler constamment des encens industriels alors que c’est parfois plus nocif pour la santé que fumer des cigarettes et bien moins intéressant au niveau des propriétés que les plantes? (surtout qu’il est si facile de faire des mélanges de fumigation soi-même).

Je me rends de plus en plus compte à quel point il est incohérent de prétendre vouloir honorer la Terre par des pratiques magiques, quand parallèlement on donne notre argent pour la détruire encore plus.
Et que la surconsommation me semble en totale contradiction avec les pratiques magiques et spirituelles (en tout cas c’est mon ressenti).

Pour ma part je crois sincèrement que ce qui compte le plus en magie, c’est l’intention. Le matériel utilisé est important bien sûr, mais il s’agit avant tout d’un support pour la pratique.

En spiritualité et magie comme dans tous les autres domaines, consommer est un choix politique. Alors renseignons nous sur la provenance des objets et plantes, achetons moins et mieux, respectons la Terre dans nos actes comme nous nous engageons à le faire dans notre pratique.

Dans un prochain article, je reviendrai te partager des ressources et alternatives pour une pratique plus éthique 🙂 Mais en attendant n’hésite surtout pas à jeter un oeil aux formations « Protection et Purification » et « Plantes et Magies » proposées par Les Chroniques du Tarot, qui sont contiennent de multiples recettes et sont de véritables mines d’informations 🙂

 

Sources:
Sur les mines de Madagascar: https://fr.mongabay.com/2017/08/quarrive-t-il-apres-un-boom-minier-photographies-a-madagascar/
Sur les pierres précieuses: http://businessoffashion.blog.lemonde.fr/2014/07/04/la-route-sanglante-des-pierres-precieuses/
http://www.economiematin.fr/news-pierre-precieuse-diamant-prix-marche-augmentation-leco
Sur les plantes: https://unitedplantsavers.org/essential-and-carrier-oil-bearing-plants-conservation-consciousness/?fbclid=IwAR1LMPNPpOQln9a1d7OABA5HqSvdaeB1mhQ8PcJojnlZISmJaFtNR9860l4
Sur les encens et bougies: https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/les-bougies-parfumees-et-l-encens-sont-a-consommer-avec-moderation_2372415.html
http://www.leparisien.fr/societe/l-encens-plus-nocif-encore-que-le-peripherique-parisien-pour-votre-sante-14-09-2017-7258857.php

2018

2018

Habituellement je sais toujours quoi écrire lors de ces articles bilan. J’écris ce que l’année a apporté de positif, ce que j’ai pu accomplir, tout ce pour quoi je suis reconnaissante. Et là, aujourd’hui, je me retrouve bête devant ma page blanche, à taper sur les touches de mon clavier sans savoir où ça va me mener.

Comme tous les ans, j’avais fait une liste d’objectifs, ou de résolutions pour 2018. Je ne l’ai pas sous la main, mais je pense à peu près me souvenir de ce que j’y avais écrit. Et comme tous les ans, rien ne s’est passé comme prévu, mais au final je ne le regrette pas du tout. C’était ce que je devais traverser, et en fin de compte, c’était encore mieux.

La vérité est qu’il va m’être difficile de matérialiser ce que j’ai pu vivre cette année par des listes toutes bêtes. Oui je pourrais te dire que j’ai fait deux voyages dingues hors de France (Irlande et République Tchèque), toute seule, que j’ai commencé à bosser pour la géniale Laure Douceline, que je me suis découvert une véritable passion pour les Tarots. Cette année j’ai fait ma loge de la lune, je suis revenue pour la première fois depuis quatre ans dans la maison où j’ai passé tous mes étés depuis que je suis née, j’ai participé à l’Inktober pour la deuxième fois, j’ai grandi professionnellement, je suis devenue Moon Mother, je suis devenue végane, j’ai assisté au mariage de mon amie d’enfance, j’ai participé à une manifestation féministe avec Sofia que j’ai rencontrée pour la première fois en vrai. J’ai participé au cercle Lune Noire de Céline, trouvé la marque qui me correspond, ouvert mon nouveau site.

Et il y en a sans doute beaucoup d’autres, mais je me dis que c’est déjà pas mal.

Pourtant, les plus gros changements ont bel et bien été intérieurs. 2018 a été une année difficile, mais dont les difficultés étaient nécessaires pour que je puisse avancer. Je crois que je n’ai jamais autant appris sur moi-même que durant ces derniers mois. Je vois la route s’éclairer de plus en plus, je sens les peurs qui s’éloignent petit à petit. Et surtout, j’ai appris des leçons infiniment précieuses qui m’accompagneront pour le reste de ma route.

J’ai appris à demander. Que si je ne demande pas, je ne peux pas en vouloir aux autres de ne pas m’aider. Et pareil, vouloir aller au devant des besoins des autres, les aider avant même qu’ils aient eu le temps de le demander n’est pas forcément leur rendre service (à relativiser évidemment: si je vois une personne blessée dans la rue, je ne vais pas attendre qu’elle me demande de l’aider avant d’appeler les secours).

J’ai appris que je n’avais pas à m’excuser de vouloir entreprendre et réussir. Que je n’ai pas à me justifier quand on me dis que j’ai de la chance ou autres.

J’ai appris que vouloir apprendre plein de trucs différents, ça peut aussi être une manière de fuir ce qui est important pour moi et d’éviter de m’y investir vraiment par peur.

J’ai appris que je suis seule responsable de ce que je ressens. Tout comme ma seule pleine et entière responsabilité, c’est moi-même.

J’ai également compris qu’il allait falloir faire du tri, pour ne garder que l’essentiel. Arrêter de vouloir apprendre tout et n’importe quoi et tâcher de devenir meilleure dans les domaines qui comptent vraiment pour toi. Passer les moments importants avec des personnes qui sont vraiment importantes pour moi.

 

Je pourrais faire une liste de ce que je veux pour 2019. Je vais très probablement ne pas pouvoir m’en empêcher d’ailleurs. Mais la vérité c’est que je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il va se passer.

Et c’est toute la beauté de la chose.

(Bon j’ai quand même quelques projets sous le coude qui s’en viennent bientôt^^)

J’espère en revanche très fort que cette année se fera avec toi ! Merci de m’avoir accompagnée en 2018 <3

Inktober 2018 et complexes créatifs

Inktober 2018 et complexes créatifs

Ca y est, je l’ai fait !!! 31 dessins, en (presque) 31 jours ! Et vu que je suis partie en vacances une dizaine de jours en Octobre, on peut dire que c’était pas gagné. Sérieusement, on devrait nous remettre une médaille, parce que c’est un sacré sport mine de rien. Il faut se renseigner sur le thème quand on ne le connait pas (et vu que je travaillais sur les légendes écossaises, ça concernait à peut près tous les thèmes), réfléchir à une composition et se lancer pour la réalisation. C’est un sacré boulot qui prend du temps, de l’énergie et est assez contraignant.

C’est la deuxième année que je le fais et à chaque fois, je suis bluffée par l’effet que ça a sur ma créativité. Plus ça va, plus je me rends compte à quel point la contrainte peut la stimuler.

(Alors attention, c’est vraiment propre à moi, je connais beaucoup de personne chez qui au contraire la contrainte tue toute forme de créativité.)

Cette année, j’avais décidé d’un matériel relativement restreint: un crayon et une gomme pour créer les bases de mes compositions, une encre noire liquide, une plume et deux pinceaux. Et c’est tout.

Le fait d’avoir si peu de matériel, et surtout de ne travailler qu’avec une couleur m’a obligée à devoir réfléchir et être plus ingénieuse pour créer davantage de nuances. L’imprécision plume m’a contrainte à quitter le perfectionnisme et à me lancer en acceptant de ne pas pouvoir tout maitriser. Et j’ai même oublié ma plume lorsque je suis partie chez des amies pour Samhain, du coup j’ai dû encore me restreindre davantage.

(On en revient à un conseil que je donne souvent à celleux qui débutent en dessin: ne vous ruinez pas dans 1 millions de fournitures artistiques différentes ! Je sais à quel point c’est tentant de tout essayer, d’avoir le meilleur matériel possible, mais concentrez vous d’abord sur une liste restreinte, et expérimentez, explorez le plus possible, éclatez-vous !)

 

Bref, j’en viens à ce dont je voulais te parler, ce que j’ai vraiment compris lors de cet Inktober: c’est la force des complexes artistiques qu’on peut avoir et à quel point ça peut nous bloquer. Pour certains ça va être les proportions, ou la perspective, ou les couleurs qui ne sont jamais comme on le voudrait. Et évidemment ce n’est jamais aussi bien que chez d’autres.

Pour ma part, il s’agit de la netteté: je suis incapable, mais vraiment incapable de faire quelque chose de net et précis. C’est le cas avec n’importe quel matériel, sujet, support. Je ne sais pas si c’est parce que je vais trop vite, ou au contraire pas assez, que j’hésite trop ou que j’ai juste la main pas assez assurée. Je n’en ai aucune idée. Le fait est que la netteté c’est compliqué pour moi. Et ça ne date pas d’hier: à la maternelle déjà, j’étais absolument incapable de colorier sans dépasser les lignes. Et ça ne s’est pas arrangé en me comparant avec d’autres: j’ai toujours regardé avec envie les dessins d’autres personnes que je trouvais nets, harmonieux, finis, tandis que les miens me semblaient être de perpétuels brouillons.

Avec le recul, je me rends compte que ça avait participé à me bloquer. Parce que j’avais des complexes vis à vis de ce que je produisais, j’avais du mal à prendre le crayon. Du coup frustration, et blocages encore plus grands.

Je crois que l’Inktober 2018 a vraiment marqué un tournant. Parce que j’étais obligée de produire beaucoup à un rythme soutenu, je ne pouvais pas me permettre de perdre du temps à trop réfléchir ou trop hésiter et je devais lâcher prise sur le résultat. Forcément, des dessins me plaisaient énormément, d’autres beaucoup moins. J’ai dû exposer sur Instagram certaines oeuvres dont je n’étais pas particulièrement fière, ou sur lesquelles j’aurais aimé passer plus de temps.

Et parce que j’avais peu de temps, je devais aller vers ce qui était le plus confortable pour moi. Je n’avais pas le temps de complexer. Quitte à ne pas pouvoir prendre le temps de faire des trucs nets, j’ai laissé tomber l’idée. Et tu sais quoi ? J’ai fini par vraiment être fière de ce que je pouvais produire.

J’ai réalisé que mon manque de netteté et de précision, que je considérais comme des défauts à corriger, pouvaient être au contraire ce qui me distingue et fait partie de mon style. En fait, intellectuellement, je le savais, mais je ne l’avais pas encore expérimenté jusqu’ici. Je ne le ressentais pas vraiment.

C’est le message que je voudrais te faire passer: on a souvent tendance à voir ce qui nous pose de la difficulté comme des défauts qui font que notre travail ne nous semble pas valable, ou que nous ne nous semblons pas valables. Or ce qui peut sembler être un défaut à tes yeux, aux yeux de la société, est en fait ce qui te rend unique, que ce soit dans ton style, ta personnalité, ce que tu dégages ou ce que tu peux inspirer au monde. Ne cherche pas à l’ignorer, le fuir ou l’étouffer, mais au contraire reconnais sa présence, utilise-le et sois-en fier·e.

Si tu souhaites voir mes dessins, n’hésite pas à visiter mon Instagram @sorciererouge.

A très vite !

PS: Si tu souhaites une guidance des tarots personnalisée sur la question/le thème de ton choix, clique vite sur ce lien, les places sont ouvertes pour novembre: http://lasorciererouge.com/services/guidance-des-tarots